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"Le Monde" porte plainte pour "tentative d'intimidation"

Le siège du "Monde".

Le siège du "Monde". - -

Des autocollants avec le nom et les coordonnées du journaliste Abel Mestre, spécialiste du Front national, ont été placardés sur le parcours emprunté par le défilé du parti mercredi 1er mai.

Le quotidien Le Monde annonce dans son édition datée de vendredi son intention de porter plainte contre X pour dénoncer une "tentative d'intimidation" visant l'un de ses journalistes, chargé de suivre le Front national.

Ce projet d'action en justice fait suite à la découverte mercredi, en marge du défilé du Front national du 1er mai, d'autocollants anonymes sur lesquels figuraient le nom et l'adresse personnelle d'Abel Mestre, spécialiste du FN au Monde.

Ces autocollants de petite taille ont été collés le long du cortège emprunté par le parti. Placardés "à quelques mètres de l'estrade prévue pour écouter Marine Le Pen", précisait mercredi sur son compte Facebook Caroline Fourest, également visée. "Les sympathisants du FN sont de grands démocrates", commentait par ailleurs l’essayiste.


Une photographie de l'autocollant visant Caroline Fourest. Capture Facebook.com ; montage BFMTV.

Des intimidations "inacceptables"

Dans un court article signé par sa directrice, Natalie Nougayrède, Le Monde s’élève pour sa part "solennellement contre cette pratique" et "appelle les dirigeants du FN à condamner sans réserve ces méthodes".

Qualifiant "d'inacceptables" ces intimidations, la Société des rédacteurs du Monde (SRM) dénonce dans un communiqué ces pratiques "fréquentes à l'extrême droite", s'inquiétant "des risques qu'elles font courir aux journalistes tenus d'assister aux initiatives du Front national".

Le FN dément être associé

L'avocat et trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, a déclaré que "ces autocollants sont scandaleux, mais c'est tout aussi scandaleux de les associer au Front national". "Ils sont très désagréables pour ceux qu'ils visent, mais ils sont aussi faits pour pourrir les relations du FN avec la presse", a-t-il dénoncé, estimant que son mouvement pouvait "être l'objet de toutes les provocations".