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Débaptiser le parvis Marchais à Villejuif: "une décision illégitime", pour six députés

Les six élus de toutes tendances demandent dans une lettre ouverte à la municipalité de Villejuif de revenir sur sa décision de débaptiser un parvis portant le nom de l'ancien secrétaire du Parti communiste.

Ils sont six, de gauche comme de droite. Claude Bartolone (PS), André Santini (UDI), Alain Bocquet (PC), Bernard Debré (Les Républicains), Roger-Gérard Schwartzenberg (Radical de gauche) et l'écologiste Noël Mamère s'expriment dans une lettre commune adressée au maire de Villejuif, dans le Val-de-Marne. Ils demandent à l'élu, le Républicain Franck Le Bohellec, de revenir sur sa décision de débaptiser un parvis de la ville qui porte le nom de l'ancien secrétaire du Parti communiste, Georges Marchais, député du Val-de-Marne de 1973 à 1997.

A l'initiative du maire Les Républicains (ex-UMP) Franck Le Bohellec, qui a pris la ville aux communistes lors des municipales de mars 2014, le conseil municipal de Villejuif a décidé en février dernier de débaptiser le parvis Georges Marchais, pour lui donner le nom du cancérologue Georges Mathé, résistant et gaulliste. 

Les élus en appellent à la "dignité de la vie publique"

"Cette décision qui revient à opposer ces deux personnalités qui ont marqué l'Histoire, scientifique et politique, de notre pays est illégitime", écrivent les six députés, dont la majorité a siégé à l'Assemblée aux côtés de Georges Marchais. Selon eux, "notre tradition républicaine d'honorer après leur disparition les élus de la Nation qui ont marqué la politique de notre pays ne peut être bafouée au nom de l'adversité politique".

"Que l'on partage ou non les combats de Georges Marchais, nous considérons la décision de débaptiser la place éponyme inconvenante tant elle porte atteinte à l'esprit républicain et au respect dû à la mémoire de ce parlementaire d'envergure nationale qui a marqué de son empreinte la ville de Villejuif", poursuivent-ils. "C'est pourquoi, ensemble et au delà de nos différences politiques, nous vous demandons de revenir sur cette délibération. La dignité de la vie publique impose d'honorer ces deux personnalités dans un esprit de rassemblement de toutes les sensibilités françaises et non de division", conclut la lettre.

Un courrier resté sans réponse

"Il n'a pas tué qui que ce soit", a insisté Bernard Debré au micro de BFMTV. "J'étais totalement opposé aux idéologies de gauche, mais là il faut un peu de décence", ajoute-t-il.

Interrogé par Le Parisien, Franck Le Bohellec, qui n'a pas encore donné suite au courrier, rappelle que la décision a fait l'objet d'un "vote majoritaire". "Quand on rebaptise des rues à Paris, je ne vois pas de telles réactions", ajoute-t-il. Aucune date n'est encore fixée pour la débaptisation. La décision de la ville est déjà contestée en justice par la famille de Georges Marchais. Son fils Olivier avait lui-même participé à une manifestation en décembre 2014.

A. K.