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Européennes: pourquoi Macron limite la casse

Emmanuel Macron -

Emmanuel Macron - - LUDOVIC MARIN / AFP

Si la liste LaREM est arrivée derrière celle du RN dimanche aux élections européennes, le parti de la majorité s'en sort plutôt bien. D'autant plus que les grands partis dominant traditionnellement le Parlement se sont totalement effondrés.

Emmanuel Macron s'était beaucoup engagé dans la campagne des Européennes, affirmant sa détermination à battre le RN. Pari manqué. La liste macroniste Renaissance menée par l'ex-ministre Nathalie Loiseau a obtenu dimanche 22,41% des voix, derrière la liste du Rassemblement National.

Si ce score est inférieur au résultat d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle de 2017 (24%), les dégâts sont tout de même limités pour le chef de l'Etat au vu du contexte actuel, et la défaite en trompe l'œil.

La catastrophe n'a pas eu lieu

D'abord parce que le RN l'emporte avec 22,31% des suffrages, en devançant LaREM de 0,9%: "La catastrophe annoncée pour Macron n'a pas eu lieu, le RN réalise un score important mais pas spectaculaire comparé à celui de 2014", explique Zaki Laïdi, politologue au Cevipof. D'autant plus que si le RN obtient un siège de plus que LaREM au Parlement, ce rapport de force pourrait s'équilibrer en cas de sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni. Les deux partis se retrouvaient alors avec le même nombre d'eurodéputés, soit 23.

Ensuite, parce que si l'on regarde les résultats de la liste de la majorité aux élections européennes de 2014, ces derniers ne sont pas plus brillants, voire même moins. La liste du PS, sous la présidence de François Hollande, avait alors obtenu 13,98% des suffrages. En troisième position derrière l'UMP (ex-LR) et le Front National (ex-RN).

Décomposition du paysage politique

Dans l'entourage du chef de l'Etat on défend un "score honorable" dans un contexte national difficile, avec la crise des gilets jaunes, sur fond de poussée eurosceptique en Europe. Du côté du Premier ministre, les propos sont plus nuancés. "Quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné", a reconnu Edouard Philippe. Mais le fait est que les deux forces majeures qui ont longtemps dominé le paysage politique français, le PS et LR, continuent de s'effondrer avec respectivement 6,19% et 8,48% des voix dimanche. Laissant LaREM s'installer de façon durable.

"Malgré un an de Benalla, les gilets jaunes, alors que tout le monde voulait notre tête, on garde 22% de nos électeurs. On fait mieux que résister", expliquait un macroniste satisfait.

Pour le gouvernement le vote sanction est évité et dans ces conditions, pas question pour Emmanuel Macron de bouleverser la tendance ou de changer de cap. Immédiatement après l'annonce des résultats on assurait à l'Elysée que le chef de l'Etat allait même "intensifier l'acte 2 de son quinquennat". 

Manon Fossat