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Hollande à Florange: visite à hauts risques

François Hollande s'apprête à s'adresser aux syndicats.

François Hollande s'apprête à s'adresser aux syndicats. - -

Les syndicats attendent du président de la République qu'il arrive avec de vraies propositions.

Chose promise, chose due. François Hollande se rend ce jeudi à Florange, à la rencontre des salariés d'ArcelorMittal qu'il avait rencontrés en février 2012.

A l'époque, il s'était bien gardé de promettre explicitement la sauvegarde des hauts fourneaux, mais il s'était engagé à proposer une loi pour qu'une "grande firme qui ne veut plus d'une unité de production" soit obligée de trouver des repreneurs. Depuis, les hauts fourneaux de Florange ont fermé. Et les salariés attendent le chef de l'Etat de pied ferme.

> Manif à son arrivée

Avant l'arrivée du président de la République prévue à 9h, la CGT a appelé les salariés à manifester devant les bureaux de l'usine, où François Hollande doit rencontrer la direction d'ArcelorMittal. Les autres syndicats ne se sont pas joints à cet appel mais laissé les salariés libres d'exprimer leur mécontentement.

"Si M. Hollande vient uniquement nous redire ce qu'on sait déjà et serrer des mains, ça n'a aucun intérêt. Si c'est uniquement pour honorer sa promesse de revenir, ça ne suffit pas et ça risque de se retourner contre lui. On n'est pas dans un show médiatique", a d'ores et déjà averti Edouard Martin, le charismatique leader local de la CFDT, alors que quelque 120 journalistes doivent suivre la visite présidentielle. Walter Broccoli, représentant de FO a lui aussi prévenu que M. Hollande ne serait certainement "pas reçu les bras ouverts comme il l'avait été en février 2012".

Une stèle insallée par les syndicalistes rappelle la "trahison" dont ils accusent le président.
Une stèle insallée par les syndicalistes rappelle la "trahison" dont ils accusent le président. © -

A l'époque, dans la dernière ligne droite de la présidentielle, le candidat PS avait reçu un accueil triomphal. Mais depuis, les syndicats ont dressé une stèle intitulée "Trahison", en commémoration des promesses non tenues par le président de la République.

> Quelques annonces

Au lendemain de l'annonce des chiffres du chômage, qui lui sont plutôt favorables, François Hollande ne vient pas les mains vides à Florange.

La "loi Florange" version light. La loi promise par le candidat Hollande en pleine campagne présidentielle existe bel et bien. Mais elle a été largement allégée. Cette proposition de loi qui doit être votée à l'Assemblée nationale le 1er octobre, avant d'être examiné par le Sénat, se limite finalement à une simple obligation de recherche d'un repreneur pour les sites rentables.

Un pacte Etat-Région. Ce pacte prévoit 300 millions d'euros d'investissements sur la période 2014-2016 pour des projets lorrains innovants. Sur cette enveloppe, 33 millions, dont 15 de l'Etat, seront consacrés au site d'Arcelor pour le développement d'une technologie de production d'acier faiblement émettrice de CO2 baptisée Lis (Low impact steel).

Un centre de recherche sur la sidérurgie. Le chef de l'Etat devrait annoncer ce jeudi la création d'un centre de recherche sur la sidérugie, indique Europe 1.

> Sans Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg, qui l'automne dernier avait menacé de démissionner après le refus par l'exécutif de son projet de nationalisation temporaire de Florange, sera le grand absent de ce déplacement. Officiellement, le ministre du Redressement productif est retenu par une réunion à Bruxelles. Mais il y a quelques jours, l'intéressé avait tout bonnement indiqué qu'il n'était "pas du tout au courant" de la visite présidentielle, signifiant ainsi qu'il n'était pas invité à accompagner le chef de l'Etat.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti, élue de la région, la suivra elle de bout en bout.

Après Florange, où il visitera la filière froide d'Arcelor, François Hollande participera à une table ronde à la préfecture avec des élus et des acteurs locaux. Il se rendra ensuite à Pompey (Meurthe-et-Moselle) où une usine du fabricant américain Crown Bevcan (canettes métalliques pour boissons) offre un exemple de reconversion réussi.

V.D. avec AFP