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Au dîner du Crif, Hollande emploie l'expression "Français de souche"

François Hollande lundi 23 février lors du dîner annuel du Crif.

François Hollande lundi 23 février lors du dîner annuel du Crif. - Etienne Laurent - AFP

Lors du 30e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, le chef de l'Etat a évoqué la profanation du cimetière juif de Sarre-Union, commise selon ses termes par des "Français de souche".

L'expression "Français de souche" n'est pas commune dans la bouche d'un chef d'Etat. Mardi soir, François Hollande a pris la parole à l'occasion du 30e dîner du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives. L'occasion pour le président de revenir sur la profanation du cimetière juif de Sarre-union, en Alsace.

"J'étais la semaine dernière à Sarre-Union, dans ce cimetière dévasté par de jeunes lycéens, Français de souche comme on dit, ignorants au point de ne pas avoir vu les écritures en hébreu, inconscients pour ne pas avoir remarqué les étoiles de David, mais à ce point intolérants pour renverser le monument dédié aux victimes de la Shoah", a déploré François Hollande.

Hollande a-t-il employé "des guillemets"?

Défendue par le polémiste Eric Zemmour ou l'essayiste Alain Finkielkraut, l'expression se retrouve notamment via le site Fdesouche. Elle est aussi employée par l'extrême droite. Le chef de l'Etat a-t-il commis une bourde, ou l'emploi de l'expression était-il volontaire? Elle a en tout cas fait réagir Bruno Le Roux, mardi sur BFMTV. "Je n'emploie jamais cette expression", a-t-il indiqué. Mais pour lui, François Hollande a utilisé "des guillemets que l'on ne voit pas dans un discours" pour dénoncer le terme.

Personnellement, "je bloque systématique sur mes comptes sur les réseaux sociaux, toutes les personnes qui utilisent cette expression", a précisé, un peu confus, le président du groupe PS à l'Assemblée.

A. K.