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Régionales: la déroute des listes de la majorité présidentielle

Les listes soutenues par la majorité présidentielle ont connu un dimanche soir difficile, avec le premier tour des élections régionales.

Ni faiseur de roi, ni en position de l'emporter. Les listes soutenues par la majorité présidentielle, LaREM ou MoDem, ont connu une sévère déroute pour le premier tour des élections régionales. Eliminées dans les Hauts-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie, à peine à plus de 10% dans les autres régions, c'est une défaite des listes de la Macronie.

Et les ténors du parti ne s'en cachent pas: "Je ne vais pas faire de langue de bois: oui, bien sûr qu'on a des déceptions" d'avoir "réalisé ce score-là", a euphémisé le patron du parti présidentiel, Stanislas Guerini, sur RTL. "Je le dis ce soir évidemment sans détour, c'est une grosse déception pour la majorité présidentielle, c'est une grosse déception dans la région des Pays de la Loire, c'est une grosse déception dans l'ensemble des régions de France", a indiqué de son côté François de Rugy.

LaREM se voulait modeste, espérant recueillir 15% des voix, peut-être même davantage dans certaines régions, comme certains sondages optimistes le prédisaient. Las: le parti présidentiel n'a convaincu qu'environ 10 à 11% des électeurs.

Dans les Hauts-de-France, cinq ministres à la trappe

Pire: il est éliminé du second tour en Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et surtout dans les Hauts-de-France, où le ministre Laurent Pietraszewski est annoncé entre 7,3% (Harris Interactive) et 9,1% (Ifop), malgré la présence de quatre autres membres du gouvernement sur sa liste - Agnès Pannier-Runacher, Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin et Alain Griset.

Ce dimanche enterre par ailleurs tout espoir de victoire au deuxième tour pour La République en marche et ses alliés en Centre-Val-de-Loire, où le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau (MoDem) fut longtemps présenté comme favori. Avec un peu plus de 16%, il s'offre certes l'un des meilleurs scores de la majorité, mais derrière le sortant François Bonneau (PS) et le LR Nicolas Forissier.

De même, en Nouvelle-Aquitaine, la ministre des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq (MoDem), avec environ 14%, ne peut nourrir d'ambition face au sortant socialiste Alain Rousset, qui a recueilli plus de 30%.

Un gouvernement fragilisé

En Île-de-France, Laurent Saint-Martin n'a recueilli qu'environ 11,6% des suffrages, trois fois moins que la sortante Valérie Pécresse (ex-LR).

Et, en Bretagne, LREM, arrivé deuxième ou troisième selon les instituts, devra se positionner face au sortant PS Loïg Chesnais-Girard, par ailleurs proche du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, arrivé en tête.

"Ça montre une chose, c'est que les scrutins locaux sont des scrutins locaux : quand on est déjà implanté, on peut continuer, et particulièrement quand les taux d'abstention sont aussi importants", a nuancé Stanislas Guerini. "Quand on n'est pas implanté préalablement, c'est difficile; et pour nous, c'est difficile".

La sévère déroute de la macronie engage-t-elle pour autant le gouvernement et, a fortiori, le chef de l'Etat, à dix mois de l'élection présidentielle? Si l'exécutif a toujours martelé qu'il ne serait pas lié par les résultats, la question d'un remaniement ministériel est désormais à nouveau sur la table, d'autant qu'une quinzaine de ministres étaient candidats.

Un score d'autant plus difficile à avaler que, dans les Hauts-de-France, le candidat sortant Xavier Bertrand (ex-LR) recueille entre 39% et 46% des voix, loin devant le Rassemblement national. Sa victoire annoncée dimanche prochain constituera une rampe de lancement idéale pour une campagne présidentielle dont la macronie se serait bien passée.

https://twitter.com/ivalerio Ivan Valerio avec AFP Directeur adjoint de la rédaction BFMTV.com