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Régionales: ce qu'il faut retenir au lendemain du premier tour

La journée de lundi a été consacrée aux tractations.

La journée de lundi a été consacrée aux tractations. - Pascal Pavani - AFP

Les scores élevés du Front national au premier tour des élections régionales ont créé du désordre dans les formations politiques. Retrait, fusion des listes, consignes de votes... Le point sur les réactions du Parti socialiste et des Républicains.

Après une nuit courte pour les candidats victorieux ou malheureux et les principaux responsables de partis, la journée de lundi a été consacrée aux tractations. Que faire dans les régions où le Front national est en tête? Céder au "Front républicain" ou s'en tenir au "ni-ni"? Comment réagir face aux consignes de parti? BFMTV.com fait le point parti par parti.

> Un Parti socialiste en plein désarroi

Les militants socialistes ont connu un réveil difficile ce lundi matin. Notamment dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le Front national est arrivé en tête. Face au choc, le retrait dans ces deux régions est même annoncé dès le dimanche soir. Une décision confirmée lundi soir par le Premier ministre Manuel Valls, qui appelle les électeurs de gauche à voter pour les candidats Les Républicains dans ces deux régions ainsi que dans le Grand Est.

"J'assume mes responsabilités, c'est ma grande différence avec Nicolas Sarkozy", a affirmé Manuel Valls lundi soir sur TF1.

Sauf qu'un socialiste ne l'entend pas de cette oreille. Jean-Pierre Masseret, le candidat tête de liste PS arrivé troisième en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine avec 16,1% des voix, a décidé qu'il maintiendrait sa liste au second tour. "Nous avons le devoir d’être présents, de défendre nos convictions et la seule façon, c’est d’aller jusqu’au bout de cette élection", a-t-il martelé sur BFMTV. Au point de perdre certainement l'investiture PS pour dimanche prochain, comme l'indiquent certains ténors du parti.

Dans les autres régions, les tractations ont occupé une large partie de la journée. Ainsi, en fin d'après-midi, Claude Bartolone (25,4%) a annoncé la fusion de sa liste avec celles d'Europe-Ecologie-les-Verts et du Front de gauche, pour tenter de conserver l'Ile-de-France. Même chose dans les Pays de la Loire et en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, où le PS et EELV se sont mis d'accord.

> Les Républicains sur ses positions

Nicolas Sarkozy avait prévenu il n'y aurait ni fusion avec des listes de gauche, ni retrait des listes Les Républicains, quel que soit le cas de figure au soir du premier tour. Malgré les scores en retrait du parti, il n'y aura ni fusion, ni retrait pour faire barrage au FN. C'est ce qu'a décidé le bureau politique du parti qui s'est tenu au lendemain du premier tour. "Je ne veux pas d'arrangements dans le dos des électeurs", a répété l'ancien président de la République sur France 2.

Et pourtant des voix se sont fait entendre pour critiquer cette position: l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et la vice-présidente des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont eux appelé au retrait des listes de leur parti en cas de troisième place. Pour les autres, le diagnostic de ce relatif échec se fera après le second tour. "On ne peut faire porter la responsabilité de cette évolution à la gauche seule et à ses échecs", prévient entre autres Alain Juppé. "Il nous faudra nous interroger sur nous-mêmes". 

> Le Front national jubile

Il n'a pas encore remporté de région, mais c'est tout comme pour le Front national. Le sourire était de rigueur après les scores obtenus par Marine Le Pen dans le Nord avec plus de 40% des voix et par Marion Maréchal-Le Pen, qui engrange en Paca 40,6% des suffrages, soit 14 points d'avance devant le candidat Les Républicains, le maire de Nice Christian Estrosi. Une autre surprise est venue du Grand Est avec la première place décrochée par Florian Philippot.

Face au retrait annoncé des listes PS dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Paca, Marine Le Pen a dénoncé un "suicide collectif", avant d'appeler les électeurs à "essayer le FN, car c'est l'adopter". Sa nièce, elle, raille le PS et Les Républicains: "Il additionnent leurs faiblesses pour contrer la force de nos résultats", analyse Marion Maréchal-Le Pen, jugeant un "Christian Estrosi" transformé en "Jean Moulin" et "resté en 1940". Au passage, elle affirme que le maire de Nice est "de fait le candidat de la gauche". Le tout avec un seul son de cloche: il ne fait aucun doute pour elles deux qu'elles gagneront dans leurs régions respectives.

Justine Chevalier