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Européennes: triomphe historique des europhobes

La carte du vote d'extyrême-droite en Europe montre sans équivoque la montée des eurosceptiques.

La carte du vote d'extyrême-droite en Europe montre sans équivoque la montée des eurosceptiques. - -

CARTE INTERACTIVE - Avec le FN en tête en France, et l'Ukip vainqueur en Grande-Bretagne, environ 140 députés européens sur 751 font partie de la famille des eurosceptiques. L'Allemagne et la Grèce enverront, pour leur part, des députés néonazis au Parlement européen.

L'Europe sous le choc au lendemain des élections. En France, c'est le Front national de Marine Le Pen qui enverra le plus de députés au Parlement européen. En Grande-Bretagne, les europhobes de l'Ukip sont également arrivés largement en tête du scrutin avec un score historique de 29%.

Au total, les eurosceptiques devraient compter plus de 140 députés sur 751 dans la nouvelle assemblée. En dépit de cette forte poussée de l'extrême droite et des eurosceptiques sur le vieux continent, la droite conservatrice garde toutefois le plus grand nombre d'élus au Parlement.

>> La carte du vote d'extrême droite en Europe:

Au Royaume-Uni, l'Ukip à 29%

En France, profitant de l'impopularité record des socialistes au pouvoir, le Front national de Marine Le Pen est donc devenu le premier parti avec un score historique de 24,96%. Il décrocherait 24 sièges sur les 74 accordés à la France.

Au Royaume-Uni, les europhobes de l'Ukip sont arrivés largement en tête avec un score historique de 29% et ont obtenu 23 des 74 députés européens du pays. "Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous", a lancé, triomphant, son chef de file Nigel Farage, à un an des législatives.

Au Danemark, c'est le Parti populaire, formation anti-immigration, qui est arrivé en tête avec près de 27% des voix et 4 des 13 sièges du pays. En Autriche, le parti d'extrême droite FPÖ, qui espère constituer un groupe avec le FN, progresserait nettement et arriverait en troisième position, avec près de 20% des suffrages, en hausse de plus de cinq points par rapport à 2009.

Un petit parti europhobe polonais, le Congrès de la nouvelle droite (KNP), a obtenu 7,2% des voix et pourrait envoyer quatre députés au Parlement européen. En Hongrie, le scrutin a été largement dominé par le parti conservateur Fidesz du dirigeant Viktor Orban mais l'extrême droite ultra nationaliste du Jobbik arrivait en deuxième position avec près de 15% et trois sièges.

Allemagne et Grèce: députés néonazis

En Allemagne, le nouveau parti anti-euro AFD, qui plaide pour une dissolution de la monnaie unique, fera son entrée au Parlement avec un score d'environ 7%. Par ailleurs, le parti néonazi NPD va faire son entrée au Parlement européen pour la première fois de son histoire. Crédité de quelque 300.000 voix et d'un score de 1%, le NPD obtient un élu.

Même si, en Grèce, c'est le parti de la gauche Syriza qui obtiendra le plus de sièges (six), le parti néonazi enregistre un succès de taille: crédité de 9 à 10% des voix, il pourrait envoyer trois élus à Strasbourg.

Au total, la montée des forces anti-européennes "ne va pas changer la façon dont le Parlement travaille" car le bloc pro-européen reste largement majoritaire, estime Jan Techau, directeur du groupe de réflexion Carnegie Europe. Mais il y aura des conséquences "sur les scènes politiques nationales et sur la façon dont les dirigeants nationaux agiront au sein de l'Union européenne".

M. K. et Olivier Laffargue