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Européennes: du remous à venir au PS?

Manuel Valls en meeting dans sa ville natale, à Barcelone, le mercredi 21 mai.

Manuel Valls en meeting dans sa ville natale, à Barcelone, le mercredi 21 mai. - -

Crédité d'environ 16% des intentions de vote, le PS pourrait arriver troisième des élections européennes de ce dimanche.

De nouvelles tensions sont-elles à venir au Parti socialiste? A trois jours des élections européennes, le parti au pouvoir craint une catastrophe électorale, un mois après celle des élections municipales. Crédités dans les études d'opinion d'environ 16% des intentions de vote, soit autant qu'en 2009 - un scrutin qui avait été considéré comme catastrophique - et handicapés par l'impopularité du chef de l'État, les socialistes pourraient arriver en troisième position dimanche, loin derrière l'UMP ou le FN.

"Avec les électeurs, rien n'accroche sur les européennes, rien ne marche", constatait, mardi, un député socialiste. Aux yeux de cet élu de province, 16% des voix pour le PS lors du scrutin de dimanche, "cela serait bien si c'était ça", les plus pessimistes évoquant le chiffre de 12%. Certains candidats en campagne s'attendent dans certains endroits à des résultats en dessous de 10%.

"Tout est possible, les électeurs se décident dans les derniers jours. On peut être au-dessus comme au-dessous du niveau de 2009", qui avait permis l'élection de 14 socialistes, veut croire, plus optimiste, Christophe Borgel, chargé des élections au PS.

"Chacun devra faire son examen de conscience"

"C'est difficile", avec seulement "deux semaines de campagne", reconnaît le Premier ministre, qui aura tenu quatre meetings, tandis que l'entourage de François Hollande souligne: "On est déjà tombé de plusieurs marches, mais là on va en dévaler une grosse."

Cela peut-il créer des turbulences dans les rangs socialistes? "On va rentrer dans une phase de turbulence maximale", prédit un responsable. "Chacun devra faire son examen de conscience. Ça c'est pour lundi", déclarait dans les couloirs de l'Assemblée mardi le député Christian Paul, proche de Martine Aubry, qui n'a pas voté le pacte de responsabilité fin avril.

"De nouveau, il va y avoir un débat sur la ligne politique, et ça va se cristalliser à l'Assemblée dès les collectifs budgétaires en juin", affirme un membre de l'aile gauche du parti.

Des états généraux socialistes

Autre sujet sensible, "la réforme territoriale" qui pourrait bien "agiter le landerneau", dixit plusieurs cadres socialistes. Selon des élus, le chef de l'État pourrait s'exprimer sur le sujet, très rapidement après le scrutin de dimanche. "A ce stade, rien n'est décidé", affirme l'entourage de François Hollande.

Le président tiendra en tout cas une conférence de presse le 27 mai à Bruxelles, où il participe à un dîner informel des chefs d'État et de gouvernement de l'UE destiné à étudier les conséquences des résultats du scrutin.

Du côté du parti, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui a bénéficié du remaniement mis en oeuvre par l'Élysée après la claque des municipales, a déjà pris les devants pour "rassembler": le jour de son élection mi-avril, il a promis la tenue d'un Conseil national extraordinaire avec Manuel Valls, qui devrait se tenir mi-juin, puis des "états généraux des socialistes". Objectif: "reformuler le projet". Tout un programme.

A. K. avec AFP