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Brignoles: victoire du FN Laurent Lopez à cinq mois des municipales

Laurent Lopez, après l'annonce de sa victoire, à Brignoles le 13 octobre 2013.

Laurent Lopez, après l'annonce de sa victoire, à Brignoles le 13 octobre 2013. - -

Malgré l'appel de la gauche au front républicain, c'est le candidat du Front national Laurent Lopez qui a emporté la cantonale partielle de Brignoles, avec 53,9% des voix, et une hausse de la participation. Une bonne nouvelle pour Marine Le Pen à quelques mois des municipales.

Ce n'était qu'une petite cantonale partielle. Mais l'élection de Brignoles, ce dimanche, était à l'agenda de tous les états-majors politiques, à quelques mois des municipales de mars 2014. Et c'est finalement le candidat du Front national, Laurent Lopez, qui l'a emporté avec 53,9% des suffrages.

Une belle victoire, obtenue malgré l'appel au front républicain de la gauche. Laurent Lopez a recueilli au second tour 5.031 voix, contre 4.301 pour son adversaire UMP Catherine Delzers (46,1%), selon la préfecture du Var.

La participation en hausse

Après un premier tour marqué par une très forte abstention, les électeurs se sont plus fortement mobilisés dimanche. Le taux de participation a atteint 47,47% (selon les chiffres définitifs communiqués par la préfecture), en hausse de 14 points par rapport au 6 octobre, où seulement 33,40% des électeurs du canton s'étaient rendus aux urnes.

Des chiffres qui font dire à Florian Philippot, vice-président du FN, que son parti "a renvoyé aux urnes des abstentionnistes". Tandis que Laurent Lopez a insisté sur la campagne de terrain qu'il a mené avec ses équipes. "Nous avons beaucoup travaillé. C'était difficile", a-t-il assuré dimanche soir. Avant d'ajouter: "Je suis très heureux, c'est un score sans ambigüité. Mon objectif maintenant, c'est de conquérir la mairie de Brignoles", en mars 2014.

Echec du front républicain

Peu avant l'annonce des résultats, alors que le score montrait une avance de Laurent Lopez dans 5 communes, et de nombreux bureaux à Brignoles, l'UMP Catherine Delzers reconnaissait sa défaite.

Eliminée dès le premier tour, la gauche avait lancé un appel au "front républicain" pour "faire barrage" au candidat FN arrivé en tête le 6 octobre avec 40,4% des suffrages, et soutenir Catherine Delzers (20,8% des voix).

Mais si la participation a augmenté, cela n'a pas suffi à la candidate UMP pour franchir la barre de la majorité. "Les voix de Laurent Lopez ont encore progressé, s'est félicité ainsi Bruno Gollnisch. Les électeurs de droite et de gauche nous ont rejoints entre les deux tours. Certes la candidate UMP, Catherine Delzers, a progressé, mais nous avons progressé davantage qu'elle."

Un avant goût des municipales?

A cinq mois des municipales, alors que la gauche a perdu huit législatives partielles et trois cantonales en un an, ce second tour était surveillé de près par les états-majors parisiens.

Dimanche soir, le premier secrétaire du PS Harlem Désir a déploré la victoire du FN, "qui rappelle à la gauche l'impérieuse nécessité de son rassemblement dans les territoires" où le parti d'extrême droite est fort.

Se félicitant d'une "poussée assez spectaculaire", Marine Le Pen a insisté sur le fait que "la priorité c'est d'organiser notre arrivée au pouvoir", évoquant -comme Laurent Lopez- l'idée "d'un long travail". Distribution de tracts, rencontres, etc.: le FN, qui estime avoir été "le seul à avoir fait vraiment campagne" au 1er tour, était resté mobilisé pour le second.

La prochaine étape pour le Front national ce sont maintenant les municipales de mars 2014. Et la victoire de Brignoles est la preuve, pour Marion Maréchal-Le Pen, que "quand on se mobilise on peut avoir des élus. Cette victoire va nous aider à motiver nos électeurs pour les municipales et les européennes" de juin 2014.

La jeune députée du Vaucluse qui, comme Laurent Lopez, incarne ce nouveau visage du FN, que Marine Le Pen met en avant. Un visage plus lisse, celui du "Rassemblement Bleu Marine" qui compte faire mieux que le FN de Jean-Marie Le Pen.

Clémence Lemaistre avec AFP