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Après les régionales, la classe politique se tourne vers la présidentielle 2017

Au lendemain d'élections régionales sans vainqueur véritable et marquées par une forte poussée du Front national, même si le parti de Marine Le Pen a échoué dans sa conquête d'une région, chaque camp se projette déjà vers la présidentielle de 2017. Et affine sa stratégie.

La campagne pour l'élection présidentielle de 2017 s'est lancée dès le lendemain de régionales sans véritable vainqueur mais avec des motifs d'espoirs et d'incertitude pour les trois grandes forces politiques favorites pour l'échéance ultime: droite, gauche et Front national. Qui est le vainqueur des élections régionales? "La défaite pour tous", cingle, à la une, le quotidien catholique La Croix. "La droite l'emporte, la gauche résiste, le FN en échec", synthétise Le Figaro tandis que L'Humanité salue le "sursaut citoyen" du second tour marqué par une hausse record de la participation (58,53% contre 49,91% une semaine plus tôt).

Mais déjà les têtes se tournent vers 2017: battue largement dans le Nord-Pas-de-Calais Marine Le Pen a lancé: "rien ne pourra nous arrêter". En réponse, Les Républicains, lundi matin dans un bureau politique marqué par l'éviction de NKM, et le PS réunissent ce lundi leurs états-majors. En clair, la vague bleu espérée par Nicolas Sarkozy n'a pas eu lieu et le PS, malmené, a limité les dégâts. 

Débats au PS et aux Républicains, record au FN

Deux débats émergent aussi face au Front national. "Faut-il avancer la primaire à droite prévue les 20 et 27 novembre 2016?", s'interrogent les ténors de droite sans trouver un consensus. Et pendant que l'ex-chef de l'Etat terminait sa soirée électorale au Parc des Princes, ses principaux rivaux, Alain Juppé et François Fillon, ont immédiatement tenté, dimanche soir, d'endosser le costume présidentiel.

Dans le même temps le PS, soulagé par les scores finaux qui lui donne cinq régions, imagine déjà changer de nom pour un nouveau départ. Discret pendant la quinzaine électorale, absorbé par la situation internationale et la COP21, qui s'est soldée par un succès, François Hollande peut être relativement rassuré: ses possibilités de réélection en 2017 ne sont pas anéanties et la gauche de la gauche ressort éclatée du scrutin et le réflexe anti-FN a fonctionné. 

Enfin, incapable de ravir une région, le Front national a encore pâti du "plafond de verre" mais tous ses voyants sont au vert. Le parti d'extrême droite a totalisé 6,6 millions de voix (27,39%) dimanche soir, améliorant même le record établi par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012 avec vingt points de moins de participation. Paradoxalement, sa défaite dans le Nord fait plutôt les affaires de Marine Le Pen, libre, d'ores et déjà, de préparer le grand rendez-vous de 2017. 

S.A. avec Elisa Trannin et AFP