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Débat Philippe-Mélenchon: les éditorialistes décryptent le duel

Ce jeudi soir, le Premier ministre intervenait dans L'Emission politique diffusée sur France 2. Il y a débattu avec le leader de la "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon. Sur notre antenne, plusieurs observateurs de la vie politique ont analysé cette confrontation.

Le débat entre le Premier ministre Edouard Philippe et le député élu dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône et leader de la "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, était le point d'orgue de L'Emission politique ce jeudi soir sur France 2. A la fin du programme, des journalistes se sont réunis sur BFMTV pour dire leur mot au sujet de cet échange. Pierre Jacquemain, rédacteur en chef de Regards, a posé:

"J’ai l’impression qu’Edouard Philippe a été envoyé comme un sage collaborateur du président de la République dans le mur. Il a été face à un contradicteur comme Mélenchon qui avait sa verve, son discours, sa manière de s’exprimer et ses arguments. Il présente une alternative à la politique d’Edouard Philippe."

Un Jean-Luc Mélenchon "à contre-emploi"

En face, a-t-il assuré, Edouard Philippe a connu un moment difficile: "Et Edouard Philippe a été très faible, je trouve, sur les arguments qu’il devait avancer pour justifier la politique qu’il menait tout en ayant un discours à base de: 'J’ai changé, j’évolue'." Bruno Jeudy, éditorialiste politique de notre chaîne, a développé un autre point de vue à cet égard, plus tard: "C’est probablement la meilleure intervention d'Edouard Philippe depuis la rentrée. Il a plutôt franchi l’obstacle, on a eu un Premier ministre à sa place, qui a fait plutôt une bonne émission. Mais va-t-il devenir la personnalité majeure de la majorité? Non, c’est Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’en souffre pas du tout!"

Pour notre journaliste politique Camille Langlade, les deux débatteurs sont constamment restés sur la réserve: "Jean-Luc Mélenchon a été plutôt doux ou à contre-emploi. On l’attendait très offensif ou peut-être très véhément contre le Premier ministre. On attendait un match de boxe, un ring. Les gants de boxe étaient symboliquement là. On n’a pas forcément assisté à ce match-là." La raison est à chercher, selon elle, du côté d'une "proximité" entre les deux hommes: ". On a découvert qu’ils avaient un lien tous les deux, qu’ils se connaissaient, se respectaient. Edouard Philippe avait révisé l’ENA dans le bureau de sénateur de Jean-Luc Mélenchon. Ce sont tous les deux des littéraires. Il y avait cette espèce de proximité et un débat qui n’a peut-être pas éclaté". 

Robin Verner