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Copé : « Faire plus et mieux à France Télévisions »

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A quelques jours du vote à l'Assemblée nationale de la réforme de l'audiovisuel, Jean-François Copé, président de la Commission parlementaire, défend ce projet de loi.

La réforme de l'audiovisuel est en marche. Les députés voteront le 9 décembre, avant de passer le relais au Sénat. Après la transformation de France Télévisions en entreprise unique, la réforme prévoit entre autres la nomination de son PDG en Conseil des ministres. Beaucoup crient au scandale, voyant déjà le Président de la République devenir le "patron de l'audiovisuel public". Une crainte à laquelle Jean-François Copé, président du groupe UMP et de la Commission sur l'Audiovisuel à l'Assemblée nationale, répond sans ciller : « Plus je vieillis, plus j'en ai marre de ce débat franco-français, dans lequel on est incapable d'aborder des sujets sans mettre de l'idéologie. Où a-t-on écrit dans cette loi que le Président de la République nommait et révoquait selon son bon plaisir ? Jamais, nulle part. Il y a une procédure : il ne peut nommer et révoquer que sous 2 conditions, 2 verrous - et pas des moindres : avis conforme du CSA [Conseil Supérieur de l'Audiovisuel], et validation par le Parlement.
Comment ça marche ? Il y a un cahier des charges, comme pour n'importe quelle entreprise publique. Le but est que le Président de France Télévisions atteigne un certain nombre d'objectifs : qualité des programmes, diversité, mise en œuvre de l'entreprise unique... L'idée derrière, c'est de dire qu'aujourd'hui France Télévisions n'est pas lisible en terme d'organisation, parce que dispersée. On peut faire tellement plus, tellement mieux. Et encore, ça s'est beaucoup amélioré : regardez la qualité du virage éditorial. »

« Pas de répercutions sur le consommateur »

Annoncée dès janvier par Nicolas Sarkozy, la fin de la publicité sur les chaînes publiques sera effective dès le 5 janvier 2009, après 20h, puis totalement à la fin 2011. Un changement qui représente un manque à gagner conséquent (450 millions d'euros) qui sera payé par les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d'accès internet et les chaînes de télévision privées. Alors que beaucoup craignent que ceux-ci répercutent ce coût sur leurs produits et donc sur le consommateur, Jean-François Copé assure que non : « A la commission, nous ne le croyons pas du tout. C'est un univers très profitable : 20% de marge, il n'y a pas beaucoup de secteurs qui font 20% de marge. Les opérateurs de téléphonie et les fournisseurs d'accès à internet font une partie de leur marge en diffusant des images de télé, pour lesquelles ils ne payent rien du tout. Il y a peut-être un moment où on peut se dire qu'il est normal de contribuer. Deuxièmement, c'est un univers très concurrentiel. Donc ils ne vont pas s'amuser à trop répercuter. Et puis, ils font leur marge sur les accessoires.
Donc, ne tournons pas autour du pot : le problème majeur c'est que l'ensemble de la télévision française, publique et privée, est sous financé. Et les téléphones mobiles et les fournisseurs d'accès deviendront demain un financeur majeur de la télé. »

« Pas question de supprimer les JT »

Encore un amendement qui fait sourire le président de la Commission sur l'Audiovisuel : deux députés UMP veulent supprimer le JT national de France 3. Une proposition à laquelle Jean-François Copé répond : « Personne n'imagine une seconde supprimer le journal télévisé d'aucune chaîne ; ça ne ressemble à rien. »

De l'instruction civique à la place des pubs ?

Pendant que les chaînes privées diffuseront de la publicité à 20h35, les chaînes publiques seront-elles obligées de diffuser des messages d'information sur la santé ou autre... ? Un amendement a été déposé dans ce sens, mais Jean-François Copé dément. Tout en soulignant avec ironie que « 800 amendements ont été déposés », le président de la Commission sur l'Audiovisuel précise : « Il n'y aura pas de message obligatoire. Qu'il y ait des campagnes d'instruction civique, d'intérêt général, c'est excellent. Mais il n'y a aucune obligation de les diffuser dès 20h30. Personnellement, j'y suis défavorable, mais il y aura débat. »

« Moderniser le Parlement »

La réforme de l'audiovisuel fait des vagues au Parlement. Du côté de l'opposition, mais pas seulement. Et Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, en a assez de cette pagaille dans l'hémicycle : « Avec 800 amendements et les socialistes qui ont décidé d'en faire un sujet d'obstruction, ça dure des heures et des heures. Il est vraiment temps qu'on modernise le règlement du Parlement. Parfois je me dis que si les Français voyaient le spectacle de cet hémicycle, où l'opposition passe des heures à faire traîner les choses - comme d'ailleurs nous le faisions quand nous étions dans l'opposition ; des explications de textes qui n'ont ni queue ni tête ; c'est ridicule ; c'est à pleurer. »

« L'Assemblée n'est pas le Sénat. Et réciproquement. »

Défavorable à la fusion de la Chaîne Parlementaire et de Public Sénat, qui ont chacune 14 millions d'euros de budget, Jean-François Copé s'explique : « J'ai été ministre du Budget, je suis très attentif aux deniers publics. Qu'il y ait besoin de réduire la voilure budgétaire, peut-être. Qu'il y ait besoin d'une meilleure coordination des programmes entre ces 2 chaînes, tout à fait d'accord. Mais ce sont 2 chaînes qui ont leur personnalité et qui représentent 2 assemblées différentes et complémentaires. L'Assemblée n'est pas le Sénat. Et réciproquement. »

La rédaction-Bourdin & Co