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Buffet, sur Goodyear: "je comprends la colère"

Marie-George Buffet

Marie-George Buffet - -

La député communiste refuse de condamner les violences survenues jeudi entre les salariés de Goodyear et les forces de l'ordre.

"Il faut comprendre que ces hommes sont exaspérés", a justifié vendredi Marie-George Buffet, au sujet des échauffourées survenus la veille devant le siège de Goodyear Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), où s'est ouvert un comité central d'entreprise (CCE) sur le projet de fermeture de l'usine d'Amiens-Nord, entre les forces de l'ordre et des salariés de l'entreprise. "La violence, il faut savoir pourquoi elle arrive. Ces hommes et ces femmes sont exaspérés. Cela fait 5 ans qu'ils se battent pour maintenir leur emploi. Et ils se sentent isolés. Au bout d'un moment les nerfs craquent. Il faut le comprendre", a dit la député communiste sur BFMTV, alors qu'on l'interrogeait sur les déclarations du ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui a promis vendredi des sanctions après les violences.

"Il faut comprendre qu'au bout d'un moment, lorsque l'on sait que l'on va voir son entreprise fermer, dans une région qui est sinistrée, la Picardie, les entreprises vont fermer les unes après les autres. Parfois, on perd les nerfs, on est tellement en colère qu'on perd les nerfs", a dit Marie-George Buffet. "Je ne vais pas les condamner, d'autant plus que j'espère que la loi d'amnistie va arriver à l'Assemblée nationale, justement pour faire en sorte que des salariés qui ont défendu l'emploi ne soient pas trainés devant la justice. C'est une loi qui est juste".

Le Sénat a adopté fin février une proposition de loi communiste d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux. Sont concernés les faits commis à l'occasion de conflits du travail, d'activités syndicales de salariés et d'agents publics, y compris lors de manifestations.

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