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Bonus d'arrivée de Sanofi: le gouvernement appelle à la "décence"

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, le 28 janvier 2015.

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, le 28 janvier 2015. - Martin Bureau - AFP

L'annonce de l'octroi d'un super bonus de 4 millions d'euros au nouveau patron du groupe Sanofi fait grincer des dents au gouvernement, qui a réclamé ce lundi matin, par la voix de Stéphane Le Foll et Ségolène Royal, de la "décence".

La pilule a du mal à passer. Ce lundi matin, le gouvernement a jugé "incompréhensible" l'annonce de l'octroi d'un bonus de 4 millions d'euros au nouveau patron du groupe pharmaceutique français Sanofi, Olivier Brandicourt, et a appelé à la "décence"

"Incompréhensible" pour Le Foll

Selon un document consultable sur le site internet de Sanofi, Olivier Brandicourt, dont la nomination a été annoncée jeudi, bénéficiera d'une indemnité forfaitaire brute de 2 millions d'euros lors de sa prise de fonction. Celui qui dirige actuellement les activités pharmaceutiques du groupe allemand Bayer bénéficiera à nouveau d'une telle indemnité en janvier 2016 s'il est toujours en poste à ce moment-là. 

"C'est incompréhensible. Comment tous ces gens, qui expliquent que c'est le mérite, que c'est l'économie libérale, le risque, la prise de risque qui doivent faire les résultats, ces gens-là, à peine prennent-ils la tête d'une entreprise -c'est-à-dire qu'ils n'ont pris encore aucun risque- sont déjà assurés d'avoir rémunération sans commune mesure?", a réagi Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, sur RTL.

Faut-il limiter la rémunération des grands dirigeants? "On l'a fait au niveau des entreprises publiques en plafonnant les salaires. Il faut qu'il y ait des règles qui soient réaffirmées, un peu de morale", a ajouté lundi Stéphane Le Foll. Cela passe-t-il par la loi? "Ca pourrait être dans la loi mais le problème est que ces grandes entreprises sont internationales", a-t-il répondu.

Ségolène Royal demande de la "décence"

Invitée de BFMTV et RMC ce lundi, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a également jugé "pas normal du tout" cette prime de bienvenue. "Ce qu'il faudrait c'est un peu d'autodiscipline dans la décence des comportements", a dit Mme Royal qui "espère" qu'Olivier Brandicourt va renoncer à ces 4 millions d'euros. "Ce serait un minimum", a-t-elle dit.

"En apprenant cette nouvelle je venais de recevoir les ouvriers de l'abattoir près du Mont Saint Michel (l'abattoir AIM, NDLR) qui étaient vraiment désespérés, humiliés, méprisés, qui n'avaient aucune information sur ce qu'ils allaient devenir. (...) C'est inadmissible de traiter les ouvriers de cette façon-là. Et en revenant ici, qu'est-ce que j'apprends? Un bonus de 4 millions d'euros pour un patron qui arrive à la tête d'une entreprise pharmaceutique", a raconté Ségolène Royal.

"Il faut un peu de décence, notamment de la part de laboratoires pharmaceutiques qui vivent de la Sécurité sociale, donc des cotisations sur les salaires", a ajouté la ministre, qui "rappelle quand même que les médicaments sont remboursés pas les Français, donc c'est finalement tous les Français qui paient la Sécurité sociale (...) qui vont payer les primes de bienvenue au patron de Sanofi".

A.S. avec AFP