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Violée et maltraitée dans son enfance, elle attaque l’Etat pour inaction

Le procès du violeur de Karine a eu lieu à Rennes en juillet.

Le procès du violeur de Karine a eu lieu à Rennes en juillet. - VALERY HACHE / AFP

Le cas de Karine aurait été signalé une quinzaine de fois aux services sociaux.

Karine a grandi livrée à elle-même, dans une famille où ses parents la délaissait. Elle a été maltraitée et violée à plusieurs reprises par un ami de la famille qui vivait occasionnellement sous son toit. La jeune femme, à présent âgée de 20 ans, ne comprend pas comment les services sociaux ont pu la laisser chez elle. Elle a décidé de poursuivre l'Etat pour faute lourde. La décision de justice est attendue ce lundi, selon Le Parisien.

Début juillet, son agresseur a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, sa mère à deux ans de prison avec sursis et son père à trois ans dont six mois ferme pour avoir menacé leur fille et l'avoir empêchée de parler. La jeune femme espère néanmoins que l'Etat reconnaisse des manquements dans le suivi de son dossier. 

Une quinzaine de signalements

Karine est née en 1997 dans un contexte familial déjà compliqué: sa mère a déjà été condamnée à huit ans de prison pour avoir tué son précédent enfant de 130 coups de couteau. Jusqu'à ses 12 ans, une quinzaine de signalements sont effectués notamment par la tante de la petite fille. 

Cette dernière confie notamment avoir alerté la justice après avoir constaté "une très grosse infection urinaire" chez la fillette. Au médecin, Karine explique alors que "son papa l'allong[e] souvent dans la baignoire" et "la touch[e] beaucoup". La tante écrit au juge des enfants mais son courrier reste lettre morte. Ce n'est qu'en 2009, après douze ans de sévices, que la justice ouvre enfin les yeux, une expertise médicale appuyant les allégations de la petite fille.

Cy.C