BFMTV

Viol: "Près de 80% des agresseurs sont des proches" de la victime dénonce un clip

Capture du site Internet du Collectif féministe contre le viol

Capture du site Internet du Collectif féministe contre le viol - CFCV

Un clip vidéo sera mis en ligne mardi puis diffusé sur douze chaînes de télévision pour inciter à sortir du silence. Le nombre de femmes adultes subissant un viol ou une tentative de viol est estimé à 86.000 chaque année alors que seulement 13% des victimes portent plainte et que seul 1% des plaintes conduisent à une condamnation

Un clip coup de poing pour une prise de conscience contre le viol ordinaire. Présenté mardi par le Collectif féministe contre le viol (CFCV), la vidéo de 30 secondes montre une fête entre amis: un homme y est chaleureusement accueilli par tous, à l'exception d'une jeune femme qui se fige alors qu'il l'approche et lui fait une bise sur la joue. Le témoin de mariage", le "mec très drôle" est aussi l'homme qui l'a violée. Le message de cette campagne: "Près de 80% des agresseurs sont des proches" de la victime.

Le clip sera diffusée à partir du 27 janvier sur une douzaine de chaînes de télévision et vise à inciter les femmes victimes de viol à ne pas rester murées dans le silence. "Dans huit cas sur dix, l'auteur du viol fait partie de l'entourage", conclut le clip, incitant les victimes à appeler le numéro gratuit 0800 05 95 95 géré par le CFCV.

"Faire changer la honte de camp"

Parce qu'il est encore plus difficile de parler d'un viol quand il a été commis par un proche, cette campagne veut "montrer à quel point il est important pour une victime de pouvoir parler, de pouvoir être aidée et accompagnée", souligne le Dr Gilles Lazimi, coordinateur des campagnes du collectif.

"Pour aider ces personnes à se reconstruire, il faut qu'on les reconnaisse comme victimes", souligne-t-il. Il s'agit de "faire changer la honte de camp" en leur montrant la stratégie de l'agresseur et en les aidant à se déculpabiliser, explique-t-il.

Alors que le nombre de femmes adultes subissant un viol ou une tentative de viol est estimé à 86.000 chaque année, seulement 13% des victimes portent plainte et 1% des plaintes conduisent à une condamnation, souligne-t-il.

Le Collectif demande une enquête systématique

Quand elles appellent la ligne d'écoute du CFCV, les victimes trouvent "une oreille de professionnels qui connaissent bien la stratégie des agresseurs et vont leur permettre de comprendre elles-même", explique le Dr Emmanuelle Piet, présidente du collectif. "On les aide à avoir un récit clair de ce qui leur est arrivé". D'autant plus que la famille ou les proches évacuent souvent le sujet s'il vient à être abordé, explique le docteur au Parisien.

Ensuite, "on donne des renseignements juridiques exacts, on les accompagne dans ce qu'elles veulent", porter plainte ou non.

Parmi les revendications du CFCV figurent une enquête systématique à la suite des plaintes, le jugement des viols exclusivement par les cours d'assises (alors que les viols sont souvent requalifiés en agressions sexuelles, jugées en correctionnelle et passibles des peines moins lourdes), la prise en charge des soins à 100% pour les victimes, la formation des médecins à la prise en charge des psychotraumatismes.

En 2009, le Collectif était déjà à l'origine d'une campagne intitulée "Quand c'est non, c'est NON!" puis en 2011 d'un autre clip pour dénoncer le viol conjugual.

S.A. avec AFP