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Une mère poursuivie pour avoir laissé mourir son bébé près de Dunkerque

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- - Philippe Huguen - AFP

Cette mère de deux adolescents de 11 et 14 ans, qui vivait "dans une grande précarité sociale et familiale", a été mise en examen pour privation de soins ayant entraîné la mort, un crime passible de 30 ans de réclusion, a indiqué à l'AFP le procureur de Dunkerque, Éric Fouard.

Une femme de 34 ans a été mise en examen jeudi à Dunkerque (Nord) et écrouée pour avoir laissé mourir, faute de soins, le bébé qu'elle avait mis au monde quelques jours plus tôt dans son appartement à Saint-Pol-sur-Mer, a-t-on appris de source judiciaire.

Déjà mère de deux adolescents de 11 et 14 ans, qui vivait "dans une grande précarité sociale et familiale", elle a été mise en examen pour privation de soins ayant entraîné la mort, un crime passible de 30 ans de réclusion, a indiqué à l'AFP le procureur de Dunkerque, Éric Fouard.

Une fille qui aurait survécu "trois à quatre jours"

Le corps du nouveau-né, une fille, avait été découvert mardi au domicile de la mère par les secours, appelés par le fils aîné de celle-ci. L'adolescent avait d'abord affirmé avoir découvert le bébé dans un local à poubelles avant de reconnaître qu'il était mort dans l'appartement familial. "Le décès est manifestement dû à une dénutrition, sous réserve d'expertises complémentaires", a indiqué le procureur, selon lequel l'autopsie pratiquée jeudi matin à Lille a permis d'établir que l'enfant était mort depuis 24 à 48 heures, lorsqu'il a été découvert.

Il aurait vécu "trois à quatre jours" avant de mourir. Lors de leur perquisition, les policiers n'ont découvert sur place aucun aliment pour bébé ni matériel de puériculture, a précisé le magistrat. "On reproche à la mère d'avoir traité le bébé d'une façon tellement inappropriée qu'il en est mort", a souligné Eric Fouard.

En garde à vue, la jeune femme a affirmé avoir ignoré qu'elle était enceinte. Elle a assuré qu'"elle ne voulait pas s'afficher avec cet enfant, ce qui l'a poussée à le garder clandestinement quelques jours, jusqu'à son décès", a-t-il poursuivi.

S. C. avec AFP