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Un homme d'affaires déjà condamné soupçonné d'avoir aidé à dissimuler des millions au fisc

Nadav Bensoussan a déjà été condamné en 2017 pour incitation à la fraude fiscale.

Nadav Bensoussan a déjà été condamné en 2017 pour incitation à la fraude fiscale. - AFP

Deux hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire, soupçonnés d'avoir mis en place un vaste système d'évasion fiscale élaboré. L'un des deux, Nadav Bensoussan, a déjà été condamné dans une affaire similaire en 2017.

C'est la seconde fois en huit ans que des suspects dans une enquête menée par la brigade nationale de répression de la délinquance financière sont placés en détention provisoire. Une décision judiciaire rare dont se félicitent les enquêteurs de la Brigade nationale de la répression de la délinquance financière. Depuis 2014, ils soupçonnent Nadav Bensoussan, surnommé le "roi du offshore", et un complice à lui, d'avoir élaboré un vaste système d'évasion fiscale. Interpellés mardi, ils ont été mis en examen pour "blanchiment aggravé de fraude fiscale" et "exercice illégal de la profession de banquier".

Nadav Bensoussan n'est pas un inconnu des policiers. En 2017, l'homme est condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis pour.... incitation à la fraude fiscale. Aux débuts des années 2000, il s'était fait connaître avec de la publicité sur Internet pour permettre à des petites fortunes de payer moins d'impôts. Une optimisation fiscale pour tous plus proche de l'évasion fiscale vers la Lettonie. Malgré la sentence de la justice française, l'homme d'affaires a poursuivi son activité.

Des dizaines de millions d'euros dissimulés

Au terme d'une enquête de plusieurs années, les enquêteurs de la Brigade nationale de la répression de la délinquance financière le soupçonnent d'avoir monté, avec son partenaire, une société offshore baptisée "Fidusuisse". Selon une source proche de l'enquête, le siège social était basé à Genève, en Suisse, et le bureau de représentation à Bruxelles, en Belgique. Là encore, derrière les services d'optimisation fiscale, qui permet de payer moins d'impôts tout en se servant des différentes législations, la société proposait de l'évasion fiscale grâce à un partenariat avec plusieurs personnes basées dans des pays de l'Europe de l'Est.

Ces prestataires situés en Lettonie, Lituanie, Pologne ou République Tchèque, fabriquaient pour les clients de la société offshore des cartes bleues afin qu'ils puissent retirer de l'argent sur leurs comptes bancaires situés dans les paradis fiscaux. En 4 ans, plusieurs dizaines de millions d'euros auraient été dissimulés au fisc français. En 2018, les enquêteurs avaient déjà procédé à une série de perquisitions et les deux complices avaient été placés en garde à vue. Ils ont été à nouveau interpellés mardi avant d'être mis en examen et placés en détention provisoire.

L'enquête se poursuit avec l'ouverture d'une information judiciaire. Elle devra notamment établir la liste des clients qui ont profité des services de Fidusuisse.

Justine Chevalier