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Un enseignant "violenté" par des policiers conteste le classement sans suite de son affaire

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Photo d'illustration - AFP Bertrand Langlois

Un enseignant de la Sorbonne, qui dit avoir été violenté et menacé par des policiers dans une gare de Seine-Saint-Denis en septembre 2016, a annoncé lundi qu'il allait engager un recours, pointant des "dysfonctionnements" dans l'enquête initiale classée sans suite.

L'enseignant-chercheur Guillaume Vadot a annoncé qu'il allait contester le classement sans suite de l'enquête, concernant des policiers qui l'auraient violenté, auprès du procureur général de la cour d'appel de Paris.

L'enquête initiale, menée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices"), avait été ouverte en septembre par le parquet de Bobigny pour violences par personnes dépositaires de l'autorité publique et menaces.

"Insulté" et "violenté" alors qu'il filmait une interpellation

L'enseignant en sciences politiques dit avoir été "insulté", "violenté" et avoir reçu de la part des policiers un coup de "shocker", une sorte de matraque électrique proche du Taser, alors qu'il venait de filmer "l'interpellation d'une femme noire" dans une gare de Saint-Denis.

Il réclame des investigations supplémentaires, principalement autour des images de vidéosurveillance de la SNCF qui ont été écrasées et n'ont pas été versées au dossier.

"Nous voulons savoir ce qu'il est advenu des images filmées par cette caméra. Savoir ce qui a été filmé et pourquoi rien n'a été fait pour sauvegarder cette vidéo", a expliqué l'un de ses avocats Jérôme Karsenti, lors d'une conférence de presse.

Une plainte pour "destruction de preuves"

Me Karsenti a dit faire de ce dossier une "question de principe" alors qu'un confrère universitaire de Guillaume Vadot, Paul Grassin, a annoncé au cours de la conférence de presse la création d'un collectif contre les violences policières réunissant une centaine de chercheurs.

En cas de rejet du recours auprès du procureur général, M. Vadot déposera une plainte avec constitution de partie civile pour "destruction de preuves" et "violences", ont ajouté ses avocats.

"On pense aussi engager une procédure civile contre l'Etat, avec l'objectif d'attaquer un système", a expliqué un autre de ses avocats, Slim Ben Achour, en référence aux procédures engagées auprès de la Cour de cassation au sujet des contrôles au faciès.

Le contrôle de Guillaume Vadot "est manifestement illégal", a souligné Me Ben Achour. "Il lui est reproché d'avoir commis une infraction en filmant, ce qui motive le contrôle, mais le fait de filmer ne correspond pas à une infraction pénale", a-t-il ajouté.

H.M. avec AFP