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Un an après, Strasbourg rend hommage aux victimes de l'attentat du marché de Noël

Des personnes se recueillent au mémorial dédié aux victimes de l'attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg, pendant la cérémonie de commémoration du 11 décembre 2019

Des personnes se recueillent au mémorial dédié aux victimes de l'attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg, pendant la cérémonie de commémoration du 11 décembre 2019 - Patrick Hertzog / AFP

Christophe Castaner était présent ce mercredi à Strasbourg pour rendre hommage aux cinq personnes mortes pendant l'attentat, il y a tout juste un an. Les strasbourgeois ont aussi rendu hommage aux victimes, et une cérémonie oecuménique est organisée mercredi soir dans la cathédrale de la ville.

"Vous étiez un peu de notre humanité": le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a rendu hommage mercredi à Strasbourg aux victimes de l'attentat du marché de Noël; qui avait coûté la vie à cinq hommes et bouleversé toute une ville un an plus tôt, jour pour jour.

Les cinq victimes venaient "des quatre coins du monde"

"Il y a un an, la haine a frappé" et des "innocents ont été fauchés" par "l'intégrisme et la barbarie", a lancé le ministre lors d'une cérémonie tenue sous une pluie battante place de la République, en lisière du centre historique où Cherif Chekatt, un délinquant multirécidiviste, fiché pour radicalisation islamiste, avait conduit son équipée meurtrière le 11 décembre 2018.

"Vous étiez un peu de notre humanité", "vous aviez tous les âges et vous veniez des quatre coins du monde", a poursuivi Christophe Castaner, avant de rendre hommage à chacun des cinq morts de l'attentat.

Antonio Megalizzi, 29 ans, journaliste italien qui avait "l'Europe au coeur"; Kamal Naghchband, 45 ans, qui avait fui "la guerre et l'obscurantisme en Afghanistan"; "Bartek", Polonais de 36 ans, "musicien brillant et touche-à-tout génial"; Anupong Suebsamarn, touriste thaïlandais de 45 ans qui avait "choisi Strasbourg pour connaître notre pays"; et Pascal Verdenne, retraité de 61 ans, "visage de l'humanisme et de la bienveillance".

Entre les hommages et l'appel à la joie pour le marché

"Le 11 décembre ne sera jamais la date de la haine, elle sera la date du souvenir, du souvenirs des valeurs, des passions et des combats (de ces) cinq hommes", a assuré le ministre, se disant "fier que la joie ait à nouveau envahi les travées du marché du Noël de Strasbourg", qui fête sa 450e édition, un an après l'attentat. Durant cette cérémonie, un chêne "arbre de la vie" a également été planté et une stèle inaugurée.

Christophe Castaner devait ensuite rencontrer les victimes à 16h, à huis clos, avant de décorer de la Légion d'honneur et de l'Ordre du mérite sept des policiers intervenus lors de ces événements puis de remettre la Médaille de la sécurité intérieure à 55 autres intervenants, policiers, gendarmes, militaires ou secouristes.

Un hommage oecuménique et multiculturel aux victimes, organisé dans la soirée en la cathédrale de Strasbourg, devait constituer l'autre moment fort de cette journée, avec une succession de chants arabo-andalous, hébreux ou bouddhistes, de lectures et de prises de parole. Manière de saluer, dans leur diversité, la mémoire des cinq hommes tués dans l'attentat. A 19h45 précises, l'heure de l'attentat, et pendant quinze longues minutes, toutes les églises de la capitale alsacienne et des communes avoisinantes feront aussi tinter leurs clochers.

Le recueillement des strasbourgeois, un an après 

Quant aux Strasbourgeois, la ville les a invités à mettre des bougies à leurs fenêtres. Associées à la préparation de cette journée particulière, les familles ont voulu des commémorations "sobres, recueillies et fraternelles", avait souligné Chantal Cutajar, adjointe au maire. Parallèlement, une dizaine de personnes a participé à la mi-journée à un "déambulation citoyenne" dans les rues où ont eu lieu les attaques, avec lectures de poèmes, chants et déploiement d'un grand drap noir afin de rendre hommage aux victimes, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Le travail d'aujourd'hui, c'est de reconnaître où en étaient les gens qui ont été fauchés, savoir qu'ils pleuraient, qu'ils saignaient, qu'ils espéraient comme nous", a commenté le psychiatre strasbourgeois Georges Federmann, regrettant qu'aucune cérémonie officielle ne soit organisée sur les lieux où sont tombées les victimes.

Le 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, 29 ans, avait tué cinq personnes et en avait blessé une dizaine d'autres dans le centre de Strasbourg, armé d'un couteau et d'un revolver. Après deux jours de traque et d'angoisse pour les Strasbourgeois, il avait été abattu par une patrouille de police. Cherif Chekatt avait prêté allégeance à Daesh. Il avait échappé le matin même de l'attaque à un coup de filet dans une affaire de vol à main armée. Depuis l'attentat, cinq personnes ont été mises en examen, soupçonnées d'être liées à la fourniture des armes en possession du tueur.

J. G. avec AFP