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Crash de la Germanwings: les habitants du Vernet étaient au Stade de France

Des habitants de ce village des Alpes-de-Haute-Provence, proche du site du crash de l'A320 de la Germanwings, étaient présents au stade de France vendredi: un cadeau de la Lufthansa pour les remercier de leur engagement en mars dernier. Mais la soirée ne s'est pas déroulée comme prévu.

En se rendant au Stade de France vendredi 13 novembre, les habitants du Vernet pensaient passer une bonne soirée devant le match opposant la France à l'Allemagne. Les entrées étaient offertes par la compagnie aérienne allemande Lufthansa, qui souhaitait ainsi remercier les bénévoles.

Car le Vernet n'est pas un village comme les autres: c'est à quelques centaines de mètres de là, dans les Alpes-de-Haute-Provence, que s'est écrasé l'avion A320 de la Germanwings, le 24 mars 2015. Les quelque 1.400 habitants s'étaient alors portés volontaires pour prêter main forte aux autorités, et un certain nombre d'entre eux avaient accueilli bénévolement les familles des victimes. 

"On ne s'attendait pas à une telle douleur"

Le match France-Allemagne était donc leur récompense. Une centaine d'entre eux sont partis pour Paris vendredi, dès 4 heures du matin. Le maire, François Balique, était lui aussi du voyage: avant le match, il a reçu à l'ambassade d'Allemagne à Paris la médaille de l'ordre du Mérite allemand pour sa gestion de crise après le crash.

Ce devait être une belle journée parisienne pour ces habitants. Elle l'a été, jusqu’à la 17e minute de la première période, lorsqu'une détonation a envahi l’espace sonore de l’enceinte du stade de France. "Nous avons entendu deux explosions brusques, comme si on faisait sauter un objet, non identifié", raconte François Balique au Dauphiné Libéré. "Après, les téléphones portables ont très vite été brouillés." L'élu mettra environ 1h30 à quitter le stade.

 "Le retour a été très pénible ensuite", explique un habitant. "On était partis pour faire la fête, et on ne s'attendait pas du tout à revenir avec une telle douleur à gérer".

Un nouveau traumatisme pour ce village, qui a tenu à rendre hommage aux victimes des attentats de Paris en chantant la Marseillaise devant la mairie, lundi.

"Depuis le début, on s'efforce de transformer cette tragédie en harmonie, et vendredi, des gens ont cherché à faire l'inverse", regrette Joëlle, présente au stade vendredi. A cause du mouvement de foule, cette habitante du Vernet est ressortie avec de nombreuses contusions. Mais pas question de sombrer dans la peur: avancer, c'est la seule façon, selon elle, de contrecarrer le projet des terroristes.

A. K. avec Anne-Sophie Warmont, Olivier Milleville