BFMTV

Charlie Hebdo: l'épouse d'un des policiers tués porte plainte contre X

Franck Brinsolaro était membre du service de protection des personnalités et assurait la sécurité de Charb, l'ancien rédacteur en chef du journal satirique. Le policier était dans la rédaction quand elle a été attaquée en janvier dernier.

Elle veut des réponses à ses questions un an après le drame. L'épouse du policier Franck Brinsolaro, qui a perdu la vie dans l'attentat contre Charlie Hebdo, il y a un an, a porté plainte contre X, ont rapporté lundi soir L'Eveil Normand et Normandie Actu, deux publications du groupe Ouest-France.

Cité par ces deux journaux, Me Philippe Stepniewski, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro, elle-même rédactrice en chef de L'Eveil Normand, déclare avoir déposé lundi une plainte contre X auprès du procureur de Paris, François Molins, pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement en application des articles 121-3 et 221-6 du code pénal".

"Comment est-ce que deux terroristes peuvent s’attaquer à une cible connue et abattre tout le monde?", s'est interrogée Ingrid Brinsolaro ce mardi sur BFMTV. "Pour moi, ça m’a tout de suite semblé incohérent qu’il n’y ait pas de protection renforcée", a-t-elle ajouté.

"J’ai essayé, sans aucune polémique, d’avoir des réponses mais je n’ai rien obtenu", a déploré l'épouse de Franck Brinsolaro.

Deux éléments troublants

Dans la plainte déposée, selon ces deux publications, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro écrit que "deux faits troublants attestent des manquements de la Direction générale de la sécurité intérieure", alors que Franck Brinsolaro assurait la protection du rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Stéphane Charbonnier, qui avait comme pseudonyme de presse Charb. Le premier fait "troublant" porte "sur les informations relatives aux menaces dont Stéphane Charbonnier faisait l'objet".

Le second fait troublant porte sur le témoignage apporté par un journaliste travaillant à proximité des locaux de Charlie Hebdo qui avait discuté quelques mois avant l'attentat avec un homme qui cherchait à localiser les bureaux du journal. Ce journaliste en avait informé le chef de mission du service en charge de la protection de Stéphane Charbonnier, qui aurait rédigé un rapport à l'intention de la DGSI.

Des responsabilités à prendre

"Avec ma cliente, nous voulons savoir si ce rapport, établi suite au signalement du témoin, a bien été rédigé et transmis", a précisé l'avocat à L'Eveil Normand. Il ne s'agit pas d'être "dans la polémique", insiste Me Stepniewski, mais Ingrid Brinsolaro veut "des réponses aux questions" qu'elle pose depuis un an.

Si dysfonctionnement il y a eu, l'épouse du policier "veut que des responsabilités soient prises", ajoute l'avocat. 

Ce mardi matin sur RTL, le ministre de l'Intérieur a assuré "qu'il y avait bien une protection avec des gardes statiques" devant Charlie Hebdo. Réagissant également à la plainte et aux questions d'Ingrid Brinsolaro, Bernard Cazeneuve a demandé à ce qu'elles "fassent l'objet de réponses". "Je l'ai reçue, la recevrai aussi souvent que cela sera nécessaire", a-t-il promis.

J.C. avec AFP