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Terrorisme: un homme condamné à 10 ans de prison pour un projet d'attentat contre des militaires

Palais de justice de Paris (photo d'illustration)

Palais de justice de Paris (photo d'illustration) - AFP

Hakim Marnissi, 27 ans, était jugé pour "association de malfaiteurs à visée terroriste" pour avoir projeter, en 2015, une attaque contre des militaires à Toulon.

Il s'était fait livrer des armes et des cagoules au foyer dans lequel il logeait. Un homme de 27 ans a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Paris à dix ans de prison, peine assortie d'une période de sûreté de moitié, pour "association de malfaiteurs à vidée terroriste". Les juges ont estimé qu'ils avaient suffisamment d'éléments pour caractériser son "projet de commettre un attentat".

En octobre, le foyer où il s'était installé avait appelé la police après avoir reçu deux colis ouverts. L'un contenait des cagoules, l'autre un couteau avec une lame de 10 centimètres. D'autres paquets contenant des lames en forme de clés ou un gilet tactique étaient arrivés ultérieurement. En garde à vue, il avait d'abord reconnu avoir été incité à passer à l'acte contre l'arsenal de Toulon, avant de revenir sur ses déclarations lors du procès et nier tout projet d'attaque.

Son avocat, Me Xavier Nogueras, avait mis en garde le tribunal contre cette peine "couperet" et insisté sur "la force de sa famille, qui fait corps autour de lui".

Rupture amoureuse

Le parcours d'Hakim Marnissi ne le destinait pas à se retrouver devant un tribunal correctionnel pour avoir imaginer un attentat contre des militaires. Il y a encore quelques années, le jeune homme, à mille lieues du jihad, travaillait dans la mode, postait des photos de mannequins sur Facebook et sortait avec des filles. Puis est intervenu une rupture amoureuse et une période de chômage, a-t-il raconté au tribunal: "J'ai commencé à m'isoler, je passais mes journées sur ordinateur". En 2013, il a commencé à fréquenter la mosquée.

C'est là qu'il a rencontré Mustapha Mokeddem, un jeune homme, aux idées radicales surnommé "al-Qaïda", qui venait de passer plusieurs mois en prison pour avoir proféré de violentes menaces contre Charlie Hebdo et acheté des couteaux pour "égorger" ses dessinateurs. Au contact de ce dernier, Hakim Marnissi s'est radicalisé à la vitesse de l'éclair.

Comme sous l'emprise d'une "secte" ou d'un "gourou", "on se retrouve dans un engrenage", a expliqué le prévenu, chemise rayée, barbe et cheveux noués.

En 2014, Mustapha Mokeddem lui avait parlé de la création d'un "Etat islamique" et l'avait convaincu d'y partir. Hakim Marnissi avait tenté à deux reprises, sans succès. Mokkedem, lui, avait fini par s'installer en Syrie fin 2014. Désormais dans le radar des renseignements français, interdit de quitter le territoire, Hakim Marnissi avait fini, en juillet 2015, par être mis à la porte de chez lui par sa mère, qui ne supportait plus son prosélytisme.

Il nie tout projet d'attentat

Après la découverte de colis contenant des cagoules et un couteau, Hakim Marnissi a été arrêté le 29 octobre 2015. En garde à vue, il avait affirmé avoir été incité à passer à l'acte par Mustapha Mokeddem, sous le coup d'un mandat d'arrêt, en France en assassinant des militaires pour "mourir en martyr". Lundi, lors de l'audience, il a assuré avoir été "piégé par les policiers" alors qu'il était en garde à vue sans défenseur, en pleine grève des avocats.

Selon lui, les cagoules étaient destinées à pratiquer l'airsoft (un jeu utilisant des répliques d'armes de guerre), les lames à être revendues. "Il n'y avait aucun projet de passer à l'acte", a déclaré Marnissi. Mustapha Mokeddem avait évoqué une attaque contre l'arsenal "sur le ton de la rigolade", a-t-il assuré, "c'était complètement superflu, idéaliste de faire un attentat là-bas". Nier tout projet d'attaque "démontre une absence d'évolution", lui a rétorqué la présidente du tribunal qui a dénoncé "une réflexion autocentrée, sans aucune condamnation de ce qu'est l'Etat islamique".

J.C. avec AFP