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Savoie: 5 militaires meurent emportés par une avalanche à Valfréjus

Des militaires ont été emportés lors d’une coulée de neige à Valfréjus. Cinq sont morts et huit autres ont été blessés. Le président de la République François Hollande a exprimé "la solidarité de la Nation". Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sera sur place mardi matin.

Un lourd bilan. Cinq militaires ont été tués dans une avalanche survenue lundi après-midi à Valfréjus, en Savoie. 

Au total, treize skieurs dans un groupe d'une cinquantaine de militaires ont été emportés par la coulée de neige. Outre les cinq décédés, huit militaires ont été blessés. Deux d'entre eux, retrouvés en état d'hypothermie, dont un dans un état grave, ont été transportés dans les hôpitaux de Grenoble et Saint-Jean-de-Maurienne. Six autres ont été plus légèrement blessés, dont quatre ont également été hospitalisés à Saint-Jean-de-Maurienne, selon un bilan la préfecture de Savoie en début de soirée.

Une avalanche mortelle a emporté un groupe de militaires à Valfréjus, en Savoie.
Une avalanche mortelle a emporté un groupe de militaires à Valfréjus, en Savoie. © BFMTV

3 hélicoptères, 5 maîtres-chiens, 3 médecins

"Pour l’instant, les circonstances ne sont pas très précises", a indiqué sur BFMTV le Major Pujol, de la compagnie des CRS d’Albertville, peu après 16 heures. "L'avalanche qui s'est produite est relativement complexe. C’est une pente avec plusieurs ramifications. D’où la complexité de la recherche", a-t-il ajouté.

Trois hélicoptères ont été engagés dans les recherches, menées par les secouristes de la CRS Alpes, unité de police spécialisée dans les secours en montagne. Cinq maîtres-chiens et trois médecins étaient aussi présents sur place. L'opération est maintenant terminée, a-t-on appris auprès de la Compagnie républicaine de sécurité des Alpes. Tous les rescapés ont regagné une maison communale, où les attendaient du personnel de la station et les pompiers pour les prendre en charge.

D'après l'AFP, le groupe d'une cinquantaine de militaires a été surpris par cette avalanche vers 13h50, à environ 2.000 mètres d'altitude. Ils s'entraînaient en hors piste, avant de partir en opération. Les militaires, appartenant au 2e régiment étranger du génie basé à Saint-Christol (Vaucluse), évoluaient en ski de randonnée et réalisaient l’ascension du col du Petit Argentier, a précisé la Compagnie républicaine de sécurité des Alpes.

"C’est sans doute une grosse plaque à vent épaisse qui s’est fragmentée et qui concernait une surface assez vaste puisque c’était à peu près un carré de 500 mètres sur 500 mètres", a expliqué le préfet de Savoie, Denis Labbé, lors d’une conférence de presse.

Tous les militaires étaient équipés d’un détecteur de victimes d’avalanche, une balise qui a permis aux secouristes qui sont intervenus très rapidement sur place de localiser les victimes, a-t-il précisé.

Le Drian mardi à Valfréjus

Le parquet d'Albertville a ouvert une enquête en flagrance en recherche des causes de la mort, a indiqué une source judiciaire. Elle doit déterminer les circonstances de l'accident avant un éventuel transfert du dossier à un parquet à compétence militaire, si des éléments venaient étayer la piste de l'homicide involontaire.

Dans un communiqué de l'Élysée, le président de la République François Hollande "adresse ses condoléances à leurs familles et à leurs proches et leur exprime la solidarité de la Nation". Le chef de l'Etat "assure leurs camarades blessés de son soutien et leur souhaite un prompt rétablissement", poursuit ce texte.

"Très affecté" par ce drame, selon les mots du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sera mardi matin à Valfréjus.

Le 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol est un régiment de génie d'assaut, dont les missions sont notamment le renseignement, le combat direct et l'appui à la mobilité, selon le site internet du ministère de la Défense. Rattachés à la Brigade alpine, ces militaires interviennent en montagne. Tous leurs membres ont donc des brevets d'alpinistes et de skieurs militaires.

Deuxième accident mortel en moins d'une semaine

Cette nouvelle avalanche meurtrière intervient alors que le risque d'avalanche était de trois ("marqué") sur une échelle de cinq dans le massif des Cerces, proche de la frontière italienne. Il s'agit du deuxième accident mortel dans les Alpes en moins d'une semaine. Mercredi, trois personnes, deux élèves de 16 ans d'un lycée de Lyon et un skieur ukrainien de 56 ans, ont trouvé la mort dans une avalanche sur une piste fermée de la station des Deux Alpes (Isère).

"La montagne peut être dangereuse", a concédé sur BFMTV Dominique Létang, directeur de l'Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches (Anena), même si "elle ne l’est pas tout le temps".

"Les chiffres, c’est nous qui les tenons à l’Anena. L’an dernier, il y a eu 45 morts par avalanche en France. Mais on a une moyenne de 30 morts par an en ski de randonnée ou en ski hors-piste, voire en activité de raquettes à neige. Nous ne sommes malheureusement pas surpris, il y a des périodes particulièrement délicates et on est dans une de ces périodes là."

Et Dominique Létang de rappeler une importante règle de sécurité:

"Les gens doivent prendre des distances. C’est ce qui m’interpelle sur cet accident. L’avalanche, on ne l’évitera pas malheureusement. Par contre, un nombre aussi important de gens emportés, ça veut dire que les personnes étaient trop près les unes des autres. Je voudrais rappeler l’importance de prendre de très grandes distances lorsqu’il y a une instabilité des manteaux neigeux."

A.-F. L. et V.R. avec BFMTV et AFP