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Réforme de Sentinelle: des effectifs maintenus et un dispositif "plus imprévisible"

Mis en place après les attentats de Paris et Saint-Denis, le dispositif est critiqué pour son manque d'efficacité contre les attaques et son coût jugé trop important. Les militaires sollicités, devenus des cibles, sont quant à eux épuisés.

Ce n'est pas une révolution mais une évolution. A l'issue d'un conseil de défense spécialement dédié à cette question et d'un conseil des ministres décalé d'un jour, Gérard Collomb et Florence Parly ont présenté ce jeudi la réforme du dispositif Sentinelle, annoncée depuis plusieurs semaines. Une réforme qui porte essentiellement sur le fonctionnement, et pas sur les effectifs, puisqu'il y aura toujours 7.000 soldats et 3.000 réservistes. 

"(Depuis 2015) la menace a considérablement évolué, il convient que nous-mêmes nous fassions évoluer nos dispositifs. Il ne s'agit évidemment pas de réduire ce dispositif. Il va reposer sur trois niveaux", a expliqué Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur.

Articulé en trois niveaux

L'opération sera désormais articulée en trois parties: un premier socle déployé sur les grandes zones, autour des lieux de culte ou des endroits sensibles, comme les grands bâtiments. Le dispositif Sentinelle continuera par ailleurs à appuyer les contrôles aux frontières. Ensuite un deuxième niveau qui sera déployable en fonction des grands événements, comme par exemple la braderie de Lille. Puis un troisième niveau en cas de crise majeure, comme un attentat. La semaine prochaine, une première réunion doit permettre de mettre ces réformes en place.

"Il n'y a pas de changement de format du dispositif Sentinelle", a martelé la ministre des Armées. "Ce qui change, c'est la manière dont nous allons articuler ces forces." "Il faut être plus imprévisible", a ajouté Florence Parly, insistant sur l'idée de "lister l'ensemble des lieux et des moments qui ont besoin de protection".

Six attaques en deux ans contre les militaires

Objectif visé: être plus efficace, faire en sorte que les soldats soient "déployés au bon endroit au bon moment". La deuxième priorité est de répondre à l'épuisement des troupes. Pour Florence Parly, le nouveau dispositif, "plus mobile", permettra de répondre à cette exigence. "Plus on est statique, plus c'est ennuyeux et plus on est fatigué", a estimé la ministre, qui pense que les soldats se sentiront plus utiles. 

Depuis sa mise en place en 2015, au lendemain des attentats de Paris et Saint-Denis, ce dispositif sollicite 7.000 soldats sur le territoire français et 3.000 réservistes. Une mission difficile pour les militaires, qui ont été la cible de six attaques en deux ans. Dans sa forme actuelle, l'opération Sentinelle était aussi critiquée par une partie de l'opposition pour son manque d'efficacité pour prévenir les attentats et pour son coût jugé trop important. 

Charlie Vandekerkhove