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Rats, punaises, détritus... un ancien détenu de Fresnes dénonce l'insalubrité de la prison

L'Observatoire international des prisons a assigné l'Etat en justice afin d'obtenir des mesures pour lutter contre les conditions insalubres dans lesquelles vivent les détenus de la prison de Fresnes.

C'est un rapport accablant qui a été fait des conditions de détention à la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne. Rats, punaises de lit, cafards s'ajoutent à la surpopulation carcérale dans un établissement pénitentiaire où le taux d'occupation des cellules est de 200% avec plus de 2.800 détenus pour 1.600 places. Un constat qui a poussé l'Observatoire international des prisons à saisir un juge administratif pour que des mesures soient prises en urgence.

"Toutes les cellules sont envahies par des punaises de lit", témoigne pour BFMTV à visage caché Jérôme. Cet ancien détenu de la prison de Fresnes de 52 ans a passé six mois dans une cellule du plus grand centre pénitentiaire d'Europe. Sorti, il en porte encore les marques. "J’ai encore des traces sur les chevilles, j’en avais sur tout le corps, poursuit-il. Dès qu’on demande une désinfection, ça prend trois ou quatre mois et le médecin ne peut vous donner que du Doliprane et des cachets pour dormir."

200 à 300 cafards

Des nuits perturbées autant que les journées. "Au moment des promenades, il y a des rats de 35 centimètres qui passent à côté de nous, dénonce l'ancien prisonnier. Ils ont l’habitude, ils n’ont pas peur de nous, c’est plutôt nous qui avons peur d’eux." Et selon Jérôme, les rongeurs sont bien traités, difficile donc de s'en débarrasser. "Ils sont bien nourris parce qu’il faut savoir que sur Fresnes sur 2.000 repas servis par jour, 1.500 atterrissent par la fenêtre", détaille l'homme.

Odeur de rats morts, insalubrité, surpopulation... les détenus de Fresnes doivent également cohabiter avec d'autres nuisibles, les cafards. Des prisonniers assurent en avoir compté entre 200 et 300 dans une seule cellule. Face à la multiplication de ces témoignages, l'Observatoire international des prisons a décidé d'agir. "C’est précisément ce qui a poussé l’observatoire international des prisons à agir en justice auprès du juge administratif, le juge de l’extrême urgence pour obtenir des mesures d’injonctions à l’encontre de l’administration", commente Patrice Spinosi, avocat et administrateur de l'observatoire.

En juillet dernier, l'Agence régionale de santé (ARS) confirmait que deux détenus ont été atteints de leptospirose, une maladie infectieuse appelée "maladie du rat". Interrogé fin mai, l'ARS expliquait que la prolifération des rats était liée au comportement de certains détenus qui jettent de la nourriture par les fenêtres des cellules. Du côté du ministère de la Justice, on assure qu'un plan d'action contre les rongeurs a débuté il y a déjà un an.

J.C. avec Rym Bey