BFMTV

"Quenelle" d'Alain Soral à Berlin: la justice va trancher

Alain Soral le 12 mars dernier, lors de son procès.

Alain Soral le 12 mars dernier, lors de son procès. - Loïc Venance - AFP

La justice doit rendre ce mardi sa décision à l'encontre Alain Soral, jugé en mars dernier pour avoir fait une "quenelle" dans le Mémorial de l'Holocauste, à Berlin.

L'essayiste d'extrême droite Alain Soral a-t-il cherché à porter atteinte à la mémoire de déportés, lorsqu'il s'est fait photographier au Mémorial de l'Holocauste à Berlin en train de faire le geste de la "quenelle"? Le tribunal correctionnel de Paris va se prononce ce mardi en début d'après-midi.

Fin 2013, la photo d'Alain Soral exécutant ce geste controversé dans les allées de la fondation commémorative des juifs assassinés en Europe avait commencé à circuler sur plusieurs sites internet. Alertées, l'Union des étudiants juifs de France et l'association J'accuse avaient saisi le tribunal correctionnel sur citation directe, afin qu'Alain Soral y comparaisse pour injures publiques à caractère racial.

Un signe de ralliement au "fist-fucking", selon Soral

A l'audience, le 12 mars, le quinquagénaire soutenu par un public nombreux avait soutenu que cette photo n'était pas destinée à circuler "au-delà d'un cercle d'amis". Si elle a été plus largement diffusée sur Internet c'est, selon lui, le fait d'un pirate informatique qui l'avait récupérée pour la transmettre au site d'opinion israélien en français JSS News.

Quant au geste de la quenelle, inventé par le polémiste Dieudonné, Alain Soral a soutenu l'avoir d'abord fait en signe de ralliement au "fist-fucking", car le Mémorial serait selon lui un lieu de rendez-vous homosexuel.

Au-delà de cette interprétation "privée", une interprétation "publique" de cette "quenelle" est également possible, selon lui: elle serait celle d'"un geste d'insoumission envers les manipulateurs sionistes de la Shoah". Mais il ne s'agissait pas de s'en prendre à la mémoire des victimes juives du nazisme, a-t-il assuré, appelant à faire le distinguo entre antisionisme et antisémitisme.

"J'aurais été désolé de faire de la peine à des gens qui ont souffert dans leur chair", a lancé Alain Soral à la barre.

Déjà condamné par le passé

Trois anciens déportés, cités par l'une des parties civiles, l'association Mémoire 2000, et présents à l'audience, lui ont opposé leur indignation. "Je n'aurais jamais pensé que quelqu'un dans ce lieu puisse faire autre chose que de penser, de se recueillir", a notamment dit d'une voix forte Isabelle Choko, 86 ans, déportée au camp d'Auschwitz-Birkenau.

"Il y a un moment où il faut s'extraire de ce geste et se pencher sur le propos habituel de son auteur", a estimé, toujours à l'audience, le procureur Annabelle Philippe, rappelant qu'Alain Soral avait été condamné à deux reprises pour des propos visant la communauté juive.

La magistrate a suggéré au tribunal de condamner Alain Soral, mais n'a pas évoqué de peine. Les associations parties civiles lui réclament près de 250.000 euros de dommages et intérêts.

A. G. avec AFP