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Quatre mineurs tués dans l'accident d'un véhicule transportant 14 adolescents

Les jeunes mineurs, âgés de 14 à 17 ans, et qui sortaient de soirée, étaient quatorze dans une fourgonnette. Le conducteur, né en 1998 et n'ayant donc pas encore l'âge requis pour le permis de conduire, figure parmi les blessés.

Quatre adolescents sont morts dans un accident de la route dans la nuit de samedi à dimanche à Rohan dans le Morbihan, rapporte France Info. Les jeunes, qui sortaient de soirée, étaient quatorze - de 14 à 17 ans selon Ouest France - dans le véhicule et étaient mineurs. En outre, ils ne portaient pas de ceinture de sécurité dans le véhicule utilitaire non prévu à cet effet qu'ils utilisaient.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a précisé que les dix autres jeunes sont blessés "dans un état grave". L'un des jeunes, plus gravement blessé, a été transporté dans la nuit par hélicoptère au CHU de Rennes, les autres étant soignés dans divers hôpitaux du Morbihan. Au total, dix garçons et deux jeunes filles - dont l'une est décédée - avaient pris place dans le véhicule emprunté en l'absence des parents au domicile où se déroulait la fête.

Le conducteur, mineur, n'avait pas le permis

Le conducteur, né en 1998 et n'ayant donc pas encore l'âge requis pour le permis de conduire, figure parmi les blessés, a précisé le parquet. Le véhicule, un Berlingo Citroën, appartenait au père de l'un des 14 adolescents qui étaient à bord, tous âgés de 15 à 17 ans.

"Parmi les adolescents se trouvaient deux jeunes filles et douze garçons", a précisé Yann Le Bris, vice-procureur à Vannes, lors d'un point presse retransmis en direct sur BFMTV. Il y a déjà "deux causes évidentes à cet accident, la conduite sans permis et la surcharge du véhicule", une petite fourgonnette Berlingo. "Seule l'audition des passagers permettra d'apporter un éclairage sur les circonstances de l'accident", a poursuivi Yann Le Bris.

Aucune des victimes n'a pour le moment été entendue en raison de leur état, a précisé le magistrat, sans apporter de précisions à ce sujet. "Des prélèvements sanguins ont été effectués sur le chauffeur mais les résultats ne sont pas connus" et sont attendus mardi ou mercredi, a-t-il dit.

"Il n'y en a pas un qui a le permis"

Visiblement très ému, le maire de Rohan, Bernard Nizan, s'est déclaré bouleversé sur notre antenne par ce "drame effroyable".

Le père d'une jeune fille blessée dans l'accident s'est confié à BFMTV.

"C'était une soirée, comme ils le font souvent", a-t-il précisé, le visage caché. "On ne comprend pas pourquoi ils ont pris une voiture, il n'y en a pas un qui a le permis! Ils sont tous jeunes!"

Tous participaient à une fête privée: "Ces jeunes étaient réunis dans un cadre privé et non pas dans une structure d'accueil collective. Il s'agissait d'une sortie de fête entre amis. Ce sont des jeunes de Rohan et des alentours", a fait savoir la préfecture. "Nous sommes incapables pour le moment d'établir les circonstances de cet accident", a-t-elle ajouté.

Une ligne droite, un faux plat

L'accident s'est produit peu avant 1h30 du matin, à quelques centaines de mètres d'une gendarmerie, sur la route départementale 17 reliant Rohan à la commune de La Chèze (Côtes d'Armor), dans le secteur de Loudéac et Pontivy. Le Berlingo était en train d'arriver à Rohan.

A cet endroit, la route est en ligne droite et s'apparente à un faux plat. Selon les traces repérées par les journalistes de l'AFP sur place, le véhicule semble avoir traversé la route pour finir dans le fossé de l'autre côté, après avoir raclé le talus. Au sol, des flèches jaunes laissées par les enquêteurs indiquent le trajet du véhicule.

A l'heure de midi, sous un grand soleil d'été, seuls des journalistes se trouvaient encore sur les lieux de l'accident, d'où le véhicule avait été enlevé depuis longtemps. Au sol, un gant noir, des cartes à jouer, une plaque "Citroën" cassée en deux, un enjoliveur....

Chaque jour, 9 tués sur les routes

"Les toutes premières pensées du ministre (Bernard Cazeneuve) vont à la famille et aux proches des jeunes victimes, confrontés à cette terrible douleur, à qui il adresse tout son soutien dans cette épreuve", a poursuivi le ministère de l'Intérieur. "L'enquête qui a débuté devra déterminer les causes et les responsabilités de cet accident tragique", a-t-il ajouté.

"Le ministre de l'Intérieur a donné instruction dès les premières semaines de l'été à l'ensemble des préfets, pour que la vigilance des forces de l'ordre en ces jours de départs en vacance soit totale. Cet accident vient dramatiquement rappeler que chaque jour, sur les routes de France, 9 personnes sont tuées et 100 sont grièvement blessées. En 2014, 228 mineurs ont perdu la vie sur les routes", a rappelé le ministère.

la rédaction avec AFP