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Quand les policiers mènent la traque contre les harceleurs du métro

100% des usagères des transports en commun disent avoir été victimes de paroles ou de gestes déplacés. Une brigade policière spécialisée a été créée l'an dernier.

"J'ai senti qu'il commençait un peu à me coller." L'histoire débute souvent de la même manière, se répète sur toutes les lignes et concerne tout le monde. Le harcèlement sexuel est devenu un véritable fléau auquel les autorités ont décidé de s'attaquer. En novembre dernier, le gouvernement lançait une campagne de sensibilisation pour rappeler que ces paroles ou ces gestes déplacés sont punis par la loi mais surtout pour inciter les victimes à se manifester.

Dans les faits, deux tiers des passagers des transports en commun sont des femmes. Toutes, sans exception, disent avoir été concernées au moins une fois par du harcèlement sexiste. En Ile-de-France, l'été dernier, une brigade de police a été créée pour assurer le traitement des plaintes et l'analyse des profils des agresseurs sexuels. BFMTV a suivi l'une de ces équipes.

"Ils restent en retrait"

L'heure de pointe dans le métro parisien représente le terrain de jeu idéal des "frotteurs". Et leur mode opératoire est rodé: "Le comportement des agresseurs sexuels qui choisissent leur victime sur les quais restent d'abord en retrait", débute un policier.

Avant de poursuivre: "Ils laissent monter les usagères. Ils regardent dans les personnes qui montent si certaines les intéressent, des victimes potentielles et après ils décident de suivre ou pas."

Pour ces fonctionnaires qui suivent au quotidien ces affaires, leur constat est troublant. "Tous les jours, il y en a des centaines d’agressions sexuelles, reconnaît un policier. C’est énorme." Pour lui, les autres passagers ont souvent du mal à se rendre compte de ce qui se passe à quelques centimètres d'eux. "C'est super discret, insiste-t-il. Ca peut aller juste du mec qui va coller sa main contre celle de la personne sur la barre à des choses beaucoup plus graves."

"Me toucher les fesses"

L'une des passagère de la ligne 13, qui relie le nord au sud de la capitale, peut en témoigner. Elle vient d'être victime d'une agression sexuelle. Les policiers étaient dans la même rame, après une course-poursuite dans les couloirs du métro parisien, l'homme est interpellé. "J’ai senti qu’il commençait un peu à me coller, il essayait un peu de m’isoler, raconte la jeune femme. Il tenait la barre derrière moi et il essayait avec sa main de se rapprocher de mon corps, j’ai poussé sa main."

"Ensuite, il a essayé de se rapprocher avec son sexe vers moi et j’ai senti sa main baisser de plus en plus pour me toucher les fesses donc là je lui ai dit d’arrêter et il est descendu à la station suivante."

La jeune femme a eu un peu de chances. Surtout, elle a décidé de porter plainte. Une bonne nouvelle pour les policiers qui sans cette démarche aurait dû engager une surveillance du suspect qui aurait pu s'en prendre à d'autres usagères. Ce dernier, placé en garde à vue, risque 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende. 
J.C. avec Myriam Alma et Amélie Pateyron