BFMTV

Puisseguin: au moins 24 victimes transférées vers l'institut médico-légal à Bordeaux

"Trois semaines" pourraient être nécessaires pour identifier les corps des victimes. Une cérémonie aura lieu mardi prochain, en présence de François Hollande.

Une terrible collision entre un autocar et un camion, l'accident de la route le plus meurtrier depuis 33 ans en France, a fait au moins 43 morts et quatre blessés graves vendredi dernier près de Libourne en Gironde, pour la plupart des personnes âgées, mais aussi un enfant, brûlés vifs.

Samedi une vingtaine d'experts scientifiques procédaient à un "quadrillage" systématique du site, une enquête méthodique pour "connaître la vérité" et faciliter le deuil des familles.

Une cérémonie en hommage aux victimes se déroulera d'ailleurs mardi prochain à Petit-Palais, en présence de François Hollande et des proches des disparus, a annoncé l'Elysée.

>> Voici toutes les informations à retenir de ce samedi.

43 morts, peut-être 44

Samedi, plus de 24 heures après le terrible drame, le bilan définitif restait incertain, un doute subsistant sur le nombre de personnes décédées à bord de l'autocar, 41 ou 42, aucune liste officielle n'ayant été retrouvée. Si la seconde hypothèse devait se vérifier, le bilan s'alourdirait à 44 morts, puisque le chauffeur du camion et son fils de 3 ans ont eux aussi perdu la vie.

"On peut avoir des personnes inscrites qui ne se trouvaient pas dans ce car, et l'inverse. Il y avait une liste dans le car qui n'a pas pour l'instant été retrouvée", a déclaré le Procureur de la République de Libourne, Christophe Auger, qui dirige l'enquête, lors d'une conférence de presse. Le bus "prenait des passagers à différents endroits, sur les communes" avec, semble-t-il, une "de 7 heures pour une excursion d'une journée dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sur les huit rescapés, quatre blessés restaient hospitalisés samedi, trois au CHU de Bordeaux dont un en soins intensifs, et un à l'hôpital de Libourne. Plus aucun pronostic vital n'était engagé, selon la préfecture. 

Trois semaines d'enquête?

L'enquête est entrée dans sa phase active: des hommes de l'unité spécialisée de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, s'attelaient dès ce samedi à la difficile identification des corps calcinés.

Au moins 24 dépouilles ont été acheminées vers l'Institut médico-légal de Bordeaux. Parmi elles, celles du chauffeur du camion et de son fils de trois ans, Théo. L'identification formelle des victimes pourrait prendre jusqu'à "trois semaines", a indiqué un responsable de l'IRCGN.

Expertises similaires à celles des crashs aériens

Sur le site de la collision, une équipe d'identification d'une vingtaine de personnes, en combinaisons blanches, s'affairait à la mi-journée, marquant d'étiquettes numérotées les pièces recueillies.

"Ils vont travailler corps par corps, de manière très méthodique", en s'attachant notamment aux relevés dentaires et ADN, a indiqué le colonel Ghislain Réty, commandant du Groupement de gendarmerie de Gironde. Ces experts travaillent "comme dans le cadre des accidents d'avion", a-t-il précisé.

Certains ont d'ailleurs travaillé sur la catastrophe de l'avion de la compagnie allemande Germanwings dans les Alpes le 24 mars et l'accident de l'appareil d'Air Algérie au Mali en 2014. L'enjeu est aussi de déterminer le nombre de personnes qui se trouvaient à bord de l'autocar, car la seule "liste officielle", qui était dans le bus, a brûlé.

Les experts en accidentologie attendus lundi

Lundi sont attendus des experts en accidentologie, en incendie, ainsi qu'en informatique pour exploiter des enregistreurs. Car les enquêteurs ont récupéré les "chrono-tachygraphes" dans le camion et dans l'autocar, ces enregistreurs de divers paramètres comme vitesse et temps de parcours. Mais ces enregistreurs étant endommagés, on ne peut pas se prononcer sur le résultat de leurs examens", a précisé le colonel Patrick Touron de l'IRCGN.

La rapidité de l'embrasement est aussi une question pendante. "Le feu a démarré tout de suite. C'était comme un éclair", se souvient Jean-Claude Leonardet, 73 ans, l'un des rares rescapés qui a réussi à sortir du car: "On est retourné pour tirer deux personnes qui étaient coincées dans les marches et n'arrivaient pas à sortir". Ensuite, "on n'a pas pu y retourner car le feu et la fumée envahissaient tout. Ça pétait de partout: les pneus, les vitres...", a-t-il raconté au Parisien.

"Besoin de se sentir ensemble"

Dans les communes touchées par le drame, une journée de recueillement solidaire se déroulait dans le calme, Puisseguin offrant un contraste impressionnant avec le tourbillon de la veille. Le préfet d'Aquitaine et de Gironde, Pierre Dartout, y a réuni en fin de matinée les maires de huit communes, en présence de gendarmes, pour faire un point sur les investigations, et coordonner le soutien aux familles.

Dans la chapelle ardente, toute symbolique car sans corps, installée depuis vendredi soir dans le foyer municipal, des roses blanches ont été déposées sur 43 tonneaux recouverts d'un linceul blanc, une bougie allumée sur chacun d'eux. A Petit-Palais-et-Cornemps, à 7 km, une des communes qui a perdu le plus d'habitants, un psychiatre arrivait à la salle polyvalente du village, muée en cellule médico-psychologique, afin de "recevoir les familles qui le souhaitent".

S.A. avec AFP