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"Provocation publique à la commission d'un crime": quand les rappeurs sont rattrapés par la justice

Une enquête pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit" a été ouverte ce mercredi à l'encontre du rappeur Nick Conrad. Mais il est loin d'être le seul a faire face à la justice pour des propos violents.

"Je rentre dans des crèches, j'tue des bébés blancs / Attrapez-les vite et pendez leurs parents", sont les paroles débitées par le rappeur Nick Conrad dans son nouveau clip PLB pour "Pendez les Blancs". Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a condamné "sans réserve ces propos abjects et ces attaques ignominieuses". Le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit", a appris BFMTV. De telles accusations pourraient coûter à Nick Conrad une peine de cinq ans de prison et de 45.000 euros d’amende.

Mais il n’est pas le premier à être poursuivi pour la violence de ses rimes. En décembre 2017, les paroles de Bavure et Bavure 2.0 valent à son auteur Jo Le Pheno d’être poursuivi pour "incitation à une atteinte volontaire à la vie" et "injure publique envers une institution publique". Les syndicats de police lui reprochent de diffuser un message "ultra-violent. C'est un appel au meurtre et à la haine intolérable". Le tribunal correctionnel de Paris condamne le rappeur à deux amendes de 1.000 euros et à 3.000 euros de dommages et intérêts en faveur d’un policier qui s'est reconnu dans la vidéo. 

Orelsan condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis 

En 2009, c’est au rappeur Orelsan que l’on reproche une "provocation au crime". "J'vais te mettre en cloque sale pute et t'avorter à l'Opinel", rappe-t-il. L’association Ni Pute Ni Soumise dépose plainte. Orelsan - Aurélien Cotentin, de son vrai nom - est dans un premier temps relaxé en juin 2012, puis en 2013, le tribunal correctionnel de Paris le condamne à 1.000 euros d'amende avec sursis pour "injure et provocation à la violence à l'égard des femmes".

L’iconique Ministère A.M.E.R. a également fait couler une ancre assassine, cette-fois-ci à l’encontre des forces de l’ordre et de leur entourage. Dans leur chanson intitulée Brigitte (Femme de Flic), ils incitent à sodomiser "la putain d'une fille de brute", c'est-à-dire d'un "flic de pute". Alors, l’autre ministère, celui de l’Intérieur, réplique et porte plainte contre les rappeurs pour "provocation au meurtre" et "injures publiques". Mais le délai de prescription de trois mois pour engager des poursuites est dépassé. L'affaire en reste là.

A.L.