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Procès Cahuzac: Dupond-Moretti implore les juges de ne pas emprisonner l'ancien ministre

Le délibéré du procès en appel de Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale, est fixé au 15 mai prochain. Il déterminera si l'ancien ministre ira ou non en prison.

Jérôme Cahuzac ira-t-il en prison ? Lors du procès en appel de l'ancien ministr, dont le délibéré est fixé au 15 mai prochain, son avocat Éric Dupond-Moretti a imploré les juges de ne pas envoyer l'ex chirurgien esthétique, accusé de fraude fiscale, derrière les barreaux.

Vindicte

"Cahuzac en prison, ce n'est pas une décision de justice", a plaidé l'avocat, proposant même "d'alourdir la peine" en augmentant la partie avec sursis mais de ne pas envoyer "en taule" l'ancien chirurgien, ministre brillant devenu un paria de la République.

"La prison, c'est quand il n'y a aucune autre solution", a martelé l'avocat de Jérôme Cahuzac, demandant aux juges d'appel de se distinguer de la "vindicte" qui cherche à la fois des héros et des boucs émissaires pour "incarner le mal absolu".

Il a décrit un homme "prisonnier de son mensonge", qui "n'a pas envie que tout s'écroule". Aujourd'hui un homme seul, qui vit reclus en Corse et qui a dit son "regret". "Je ne demande pas la lune. Je suggère même d'aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison", a-t-il insisté.

La détention, seul enjeu de l'appel

Mardi, le parquet avait requis trois ans de prison ferme contre Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget de Jean-Marc Ayrault. Le ministère public souhaite que la peine choisie en première instance soit ainsi confirmée.

Une confirmation du jugement enverrait en détention Jérôme Cahuzac, 65 ans, alors qu'une peine égale ou inférieure à deux ans d'emprisonnement ouvrirait la possibilité d'un aménagement de peine. Patricia Cahuzac avait quant à elle été condamnée en première instance à deux ans de prison, décision dont elle n'avait pas fait appel. 

Réquisitoire implacable

"Votre plus grande contribution à la lutte contre la fraude fiscale aura été votre procès", a asséné l'avocat général à l'ancien ministre, contraint à la démission en mars 2013 après la révélation de l'existence de son compte caché à l'étranger.

"Votre plus grande contribution à la lutte contre la fraude fiscale n’aura été ni votre action de parlementaire, ni votre action de président de la commission des finances, ni votre action de ministre délégué au budget, non! (...) Vous pensiez incarner l’intérêt général […]. En définitive vous serez une jurisprudence."

Un séisme politique, à l'origine du plus retentissant scandale du quinquennat de François Hollande.

Louis Nadau avec AFP