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Philippe Courroye dit avoir fait une enquête "modèle"

Le procureur de la République au tribunal de grande instance de Nanterre, Philippe Courroye, va ouvrir dans la journée une information judiciaire sur l'affaire concernant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platia

Le procureur de la République au tribunal de grande instance de Nanterre, Philippe Courroye, va ouvrir dans la journée une information judiciaire sur l'affaire concernant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platia - -

PARIS (Reuters) - Dessaisi des enquêtes concernant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe...

PARIS (Reuters) - Dessaisi des enquêtes concernant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye estime avoir réalisé des enquêtes sans faille et conteste avoir agi sous influence.

La gauche et les syndicats de magistrats critiquent de longue date ce magistrat réputé proche de Nicolas Sarkozy, l'accusant de conserver sous contrôle des affaires susceptibles d'inquiéter le pouvoir.

Après des mois de polémique, il s'est vu ordonner cette semaine par son supérieur hiérarchique de se dessaisir des affaires au profit d'un juge d'instruction, qui devra lui-même accepter le transfert de son dossier dans un autre tribunal.

"Il ne s'agit en aucun cas d'un désaveu des enquêtes du parquet de Nanterre", estime le procureur dans un entretien à paraître vendredi dans le Figaro.

Il affirme que ses quatre enquêtes préliminaires étaient "quasiment terminées". Ne manquaient qu'une expertise comptable et la transmission de pièces résultant d'investigations en Suisse, dit Philippe Courroye.

"Il fallait aussi procéder à quelques auditions, peu nombreuses, dont celle du (ministre du Travail) Éric Woerth. Fin novembre, j'aurais examiné les différentes procédures et effectué les choix d'orientation qui s'imposent", explique-t-il.

Enumérant les 37 perquisitions et transports réalisés, les 950 procès-verbaux d'auditions et de constatations, les 353 scellés confectionnés, il déclare : "c'est un modèle du genre en matière de rapidité et d'efficacité".

Il conteste avoir reçu des pressions politiques mais critique en revanche celles qu'il impute aux médias et aux syndicats de magistrats.

Concernant l'enquête réalisée sur les factures téléphoniques de deux journalistes afin de porter une accusation de violation du secret de l'enquête contre la juge Isabelle Prévost-Desprez, il estime : "l'enquête ne vise pas les journalistes".

Prié de dire si on peut être procureur et ami du chef de l'Etat, il répond : "votre question est sans objet. Le travail que j'ai toujours fourni parle de lui-même".

Thierry Lévêque, édité par Clément Guillou