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Periscope: un détenu de Béziers se filme en direct dans sa cellule 

Un détenu s'est filmé dans sa cellule dans la nuit de samedi à dimanche avec l'application Periscope, au sein de la maison d'arrêt de Béziers. Il se vante notamment d'être au "Club Med" et de consommer de l'alcool et du cannabis.

Periscope, l'application de Twitter qui permet de diffuser de la vidéo en direct, est de nouveau au coeur d'un scandale, une semaine après l'affaire Aurier. Dimanche, un jeune homme en détention à la maison d'arrêt de Béziers s'est filmé dans sa cellule, discutant tranquillement avec les internautes, un joint à la main, a révélé le quotidien régional Le Midi Libre

Sous le pseudo de "Luciano", le détenu, qui se filme avec son téléphone et semble relativement jeune, se vante d'avoir de nombreux produits illicites en sa possession, comme de l'alcool, ou du cannabis. 

"C'est pas de la faute des surveillants, on a des colis. Pendant qu'on est en promenade, on se fait jeter des petites balles de tennis remplies de ce qu'on veut. La prison, c'est un petit Club Med", pavane le jeune homme.

Des détenus qui se promènent sans escorte

Selon nos informations, lors de la fouille dans la cellule du détenu dimanche quelques heures après la diffusion des vidéos sur Periscope, les agents pénitentiaires n'ont trouvé qu'un iPhone 5, mais pas de trace de stupéfiants. "Ca reste un téléphone de trop", tempête Karim Terki, agent pénitentiaire à Béziers, et délégué CGT, joint par BFMTV.com.

"On est dans un univers de plus en plus surréaliste. Les fouilles ne sont plus systématiques après les couloirs, et surtout, les détenus sont libres d'aller où bon leur semble lorsqu'ils ont un rendez-vous administratif, ou vont à l'infirmerie, puisque nous ne sommes pas assez nombreux pour les escorter. Donc on leur ouvre la porte de la cellule, et ils y vont, seuls. Evidemment, ils en profitent pour se "balader" dans l'enceinte de la maison d'arrêt, et ne rentrent jamais à l'heure prévue. Ils se retrouvent entre détenus dans les couloirs sans aucune surveillance, et se livrent à plein de trafics..."

Des armes blanches et des téléphones

Et l'agent pénitentiaire de citer les "Laguiole et les Opinel que l'on a retrouvé ces derniers mois dans les cellules lors de fouilles". "Ce n'est pas sanctionné suffisamment. Il n'y a plus de bride du tout. Il nous faudrait au moins dix agents supplémentaires du lundi au dimanche pour tenter de résorber le problème, mais on n'est pas entendus", regrette-t-il. Quant aux colis lancés par-delà les murs d'enceinte, selon Karim Terki, le phénomène existe aussi. "Mais il est plus mineur, car les colis lancés sont généralement repérés par les agents, qui interviennent tout de suite."

Le ministère de la Justice rappelle que des fouilles sectorielles sont régulièrement organisées. La dernière en date, le 17 février, avait permis, entre autre, la saisie de 7 téléphones portables. L'entourage de Jean-Luc Urvoas précise que la projection de colis a été rendue plus facile avec la construction de logements collectifs à proximité de l'établissement pénitentiaire. Pour lutter contre ce phénomène, des travaux de bardage des grillages des cours ont été réalisés en 2014. Des travaux supplémentaires sont également prévus en 2016 pour un budget de 200.000 euros pour sécuriser l'établissement côté maison d'arrêt.

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte dans la journée pour authentifier ces vidéos, et le cas échéant, poursuivre le détenu. Dans l'entourage du ministre de la Justice, on assure miser sur "l'intransigeance" quand un détenu réussit à passer entre les mailles du filets. Les proches du nouveau Garde des Sceaux explique à BFMTV qu'après la découverte de la vidéo une procédure disciplinaire et judiciaire a été mise en place, qui a conduit à la fouille de la cellule. Le prisonnier a été lui placé en garde à vue avec l'ouverture d'une enquête. 

Joint par BFMTV.com, le parquet de Béziers a refusé tout commentaire pour le moment, et indique seulement qu'une conférence de presse sera donnée mardi par le procureur de la République de Béziers. 

Ce n'est pas la première fois qu'un détenu se filme avec l'application Periscope. En janvier dernier, une affaire similaire révélée par L'Obs s'était déroulée au sein de la maison d'arrêt de Luynes, près d'Aix-en-Provence. L'individu s'était filmé avec un smartphone, en train de fumer une chicha, et avait discuté avec des internautes durant plus d'une demi-heure en direct.