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Paris: le camp de migrants de La Chapelle évacué par la police

Le camp de migrants de la porte de La Chapelle a été évacué par la police mardi matin. 350 migrants y vivaient dans des conditions très difficiles.

Le camp de migrants de la porte de la Chapelle à Paris a été évacué par la police mardi matin. Plus de 350 migrants, essentiellement des Soudanais mais aussi des Erythréens, Somaliens ou Egyptiens, étaient installés sous le métro aérien, vivants dans des tentes dans des conditions très dégradées.

Vers 6h30, les migrants ont été rassemblés sur le terre-plein central par les forces de l'ordre, puis ont grimpé dans une dizaine de bus, chargés de les emmener vers des centres d'hébergement de la région parisienne. Plusieurs dizaines de policiers et gendarmes mobiles se sont positionnés dès l'aube, coupant la circulation automobile.

200 personnes "en transit"

Plusieurs associations, dont Emmaüs, étaient également présentes pour organiser des points d'accueil et répartir les migrants entre différents hébergements.

La préfecture de police va assurer l'hébergement des deux tiers des migrants, et la ville de Paris s'occupera du dernier tiers, un groupe de près de 75 migrants, principalement des femmes et des enfants. L'évacuation, qui devrait durer jusqu'en milieu de matinée, était attendue depuis l'affichage, au cours du week-end, d'un arrêté demandant aux occupants du campement de quitter les lieux sous 48 heures.

En amont de cette évacuation, une opération de diagnostic avait été menée sur place jeudi par les pouvoirs publics et les associations d'aide aux migrants, afin de déterminer qui relevait de tel ou tel type d'hébergement. La préfecture de police va assurer l'hébergement des deux tiers des migrants, et la ville de Paris s'occupera du dernier tiers, un groupe de près de 75 migrants, principalement des femmes et des enfants. Au terme de ces entretiens, environ 160 personnes relevaient de l'asile et 200 étaient "en transit" pour d'autres destinations, la Grande Bretagne ou les pays nordiques essentiellement.

Des conditions de vie intenables

Peu après 7 heures, une vingtaine de personnes, jeunes ou vieux, se sont rassemblées à proximité du campement, scandant "Solidarité avec les réfugiés", "des papiers pour tous" ou encore "des logements pour tous". Certains tenaient une petite feuille où était écrit "Solidarité" ou "France terre d'asile?" "On est inquiets, on nous dit qu'on va les héberger pendant quelques jours mais on ne sait pas du tout ce que ça va donner, d'autant plus que certains sont en situation irrégulière" a témoigné Christiane, une retraitée habitant le quartier.

Apparu l'été dernier entre les stations de métro Barbès et La Chapelle, le campement avait brusquement grossi au mois d'avril, dans le sillage, selon les associations, des arrivées de migrants sur les côtes italiennes au printemps.

La détérioration des conditions sur place avait rendu la situation intenable, compte-tenu de l'absence de structures sanitaires et de la promiscuité, ainsi que de l'arrivée de nouveaux exilés.

A. K. avec AFP