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Paris: il tente de ranimer un joggeur à terre, des passants passent à côté sans réagir

(Photo d'illustration) Une voiture de police - AFP

(Photo d'illustration) Une voiture de police - AFP - LOIC VENANCE

Un jeune homme témoigne dans Le Parisien de la tentative de réanimation qu'il a pratiquée sur un joggeur. En 20 minutes, l'étudiant est le seul passant à s'être arrêté pour lui porter secours.

Un joggeur à terre en pleine journée et personne pour lui porter assistance: c'est la scène qu'a vécue la semaine dernière Jean, étudiant de 20 ans, dans le 16e arrondissement. Dans Le Parisien, le jeune homme raconte avoir croisé la route d'un joggeur ayant fait un malaise mardi dernier. L'homme était alors "inerte sur le ventre", dans "une allée très passante". Alors qu'il appelle le 18 et qu'il débute un massage cardiaque pour tenter de le réanimer, Jean se rend compte qu'il est le seul à s'être arrêté pour porter assistance au sexagénaire, déjà décédé.

"Personne d'autre n'a réagi alors qu'il y avait du monde", raconte-t-il au Parisien. "J'ai appelé à l'aide mais les gens nous contournaient. À 20 mètres, il y avait un arrêt de bus. Des gens et petits qui devaient avoir 12 ans filmaient avec leur téléphone."

En attendant l'arrivée des pompiers, seules une patrouille de policiers s'est arrêtée près de Jean - pour lui conseiller de poursuivre le massage cardiaque - ainsi qu'une dame - qui a aidé l'étudiant à appeler la famille du joggeur inanimé.

"Dans quel monde vit-on?"

Le lendemain, au commissariat, Jean apprend par les images de vidéosurveillance de la rue où le joggeur a fait son malaise qu'il s'est passé "entre 15 et 20 minutes" entre le moment où l'homme est tombé à terre et celui où l'étudiant est arrivé pour l'aider. Entre temps, personne n'a tenté quoi que ce soit pour réanimer l'homme.

"Comment est-ce possible dans une société comme la nôtre, en plus dans le 16e, où les gens sont censés être éduqués? "Dans quel monde vit-on?", s'interroge Jean dans le Parisien, qui espère que ce drame provoquera une prise de conscience.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions