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Nord: 30 ans requis contre un père accusé d'avoir assassiné sa fille "pour se venger"

Assises

Assises - MMDF, AFP/Archives

Jérôme Coppé risque 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa fille de huit ans. Il aurait agi pour "punir" sa femme de l'avoir quitté.

Trente ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté de la moitié, ont été requis devant la cour d'assises du Nord contre Jérôme Coppé, accusé d'avoir assassiné sa fille de huit ans pour, a-t-il dit, "punir" son ex qui l'avait quitté.

"Maintenant tu sais à quel point je t'aimais"

"L'unique mobile du crime est la vengeance, c'était de punir" son ex-compagne, "de la priver de sa fille, de lui faire mal, parce qu'elle a eu l'audace de le quitter", a tonné Juliette Lebon, l'avocate générale. "Cet assassinat est réfléchi, pensé, froid. J'ai vu quelqu'un convaincu d'avoir bien agi (durant le procès), incapable de se remettre en question", a-t-elle ajouté.

Le 1er mars 2015 vers 23H30, dans un appartement de Landrecies, petite commune du Nord, Jérôme Coppé a frappé sa fille, alors endormie, de dizaines de coups de couteau avant de tenter de se suicider. Dans la soirée, il a envoyé un SMS à la mère de la fillette qui avait quitté leur domicile trois semaines plus tôt: "Laurelyne et partie (tu la verras plus, tu la toucheras plus, tu l'embrasseras plus, plus jamais) je pars avec elle, maintenant tu sais à quel point je t'aimais".

Un état dépressif

"C'est de sa faute ce qui est arrivé, ce n'est pas la mienne", a soutenu lundi l'accusé au premier jour de son procès. Jérôme Coppé, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, "ne souffre d'aucune maladie psychiatrique, mais d'un état dépressif" qui a entraîné une "altération du discernement", a affirmé mercredi un expert devant la cour.

"Avec le temps, je réalise l'atrocité de ce que j'ai fait à ma fille et ça me pourrit la vie. Ce n'est pas la peine qui compte pour moi, c'est quand est-ce que je vais réussir à mourir enfin", a déclaré Jérôme Coppé avant que la cour ne se retire pour décider de son sort.

M. F. avec AFP