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Nice: un bijoutier abat un braqueur en pleine rue

Un bijoutier niçois a tué par balle, ce mercredi matin, un homme qui tentait de braquer son commerce.

Un bijoutier niçois a tué par balle, ce mercredi matin, un homme qui tentait de braquer son commerce. - -

La boutique attaquée avait déjà fait l'objet d'un "vol à la disqueuse" en 2012 pour un préjudice de 34.000 euros, selon le fils du bijoutier.

Un homme qui venait de braquer une bijouterie avec un complice à Nice a été tué par balle mercredi matin par le propriétaire de la boutique, qui a été placé en garde à vue pour homicide volontaire.

Il est 8 heures 45 lorsque le commerçant ouvre sa petite boutique, "La Turquoise", relevant le rideau métallique à mi-hauteur, a expliqué le procureur de la République à Nice, Eric Bedos. Alors qu'il est au fond du commerce en train de désactiver l'alarme qui le protège, "interviennent deux jeunes gens, grands, casqués, l'un portant un sac de sport, l'autre a un fusil à pompe, semble-t-il", au vu des images enregistrées par la vidéosurveillance, a indiqué le magistrat.

"Celui qui a le fusil menace le commerçant et lui porte des coups de poing et de pied pour le conditionner", puis "ils lui demandent d'ouvrir le coffre" qui se trouve à côté de son comptoir, a-t-il ajouté. Le commerçant obtempère et les deux malfaiteurs s'emparent de bijoux - dont le montant n'a pas encore été estimé - qu'ils placent à l'intérieur du sac, avant de repartir, vraisemblablement sur un scooter de grosse cylindrée, "qui n'a pas été retrouvé", selon Eric Bedos.

Il tire sur les braqueurs en fuite

Le commerçant se saisit alors d'une "arme de poing" et, depuis le pas de son commerce, "fait feu à trois reprises", touchant "au moins une fois le passager dans le dos" qui succombera quelques minutes plus tard "sur le pavé", selon le magistrat.

Interrogé par BFMTV, un commerçant de la rue affirme avoir entendu "deux coups de feu" avant que le braqueur ne s'effondre sur le sol. Une partie des bijoux a été retrouvée "en possession de l'homme abattu", indique la police. Le corps a été retrouvé dans une rue adjacente, en plein quartier commerçant du centre de Nice. Mercredi en milieu de matinée, le corps de la victime était recouvert d'une bâche et un périmètre de sécurité avait été mis en place par la police. Le conducteur a, lui, réussi à prendre la fuite, emportant le fusil à pompe.

La boutique attaquée avait déjà fait l'objet d'un "vol à la disqueuse" en 2012 pour un préjudice de "34.000 euros", a déploré Yann Turk, le fils du bijoutier arrêté. Le jeune homme fait part de son "dégoût" et de son "ras-le-bol" après ce énième braquage dans la région. "Tous les jours, on ouvre avec la boule au ventre, surtout depuis l'affaire Unik" à Cannes en 2011, un braquage au cours duquel un bijoutier avait été abattu d'une balle dans la tête par un des malfaiteurs. "On sait que le passage à l'acte est très facile", même si la boutique est "bien sécurisée, avec alarme et télésurveillance", estime-t-il.

Non loin de la bijouterie braquée, Michel Unik, le frère jumeau du commerçant abattu à Cannes, venu sur les lieux en "solidarité" avec le bijoutier arrêté, a fait part de son "inquiétude pour la profession". "Il n'y a pas un jour où il n'y ait une bijouterie braquée en France", a-t-il déploré.

Une augmentation des violences

Le maire UMP de la ville, Christian Estrosi, et le président du conseil général Eric Ciotti (UMP) ont appelé le gouvernement à prendre des mesures pour renforcer la sécurité des commerçants.

Jacques Morel, référent sécurité de l'Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles, constate "un certain tassement" du nombre de faits enregistrés à l'encontre des professionnels du secteur de l'or et de la bijouterie (bijoutiers, transporteurs, fabricants, etc.) depuis 2012 en France. Mais les chiffres montrent "une augmentation des violences enregistrées par rapport aux faits", que l'"on retrouve encore davantage (...) au premier trimestre 2013", assure ce spécialiste.

Selon lui, 580 attaques (vols à main armée, cambriolages, séquestrations, vols avec violence, etc.) ont été enregistrées en 2012, 260 au premier semestre 2013.

M. T. et A.D. avec AFP