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Mort de Clément Méric: le point sur l'affaire

Clément Méric, 19 ans, militant d'extrême gauche, tombé sous les coups mercredi de skinheads d'extrême droite.

Clément Méric, 19 ans, militant d'extrême gauche, tombé sous les coups mercredi de skinheads d'extrême droite. - -

Le principal suspect a été mis en examen, tandis qu’une marche rendait hommage à Clément "l’antifa", battu à mort par un groupe d’extrême droite.

Trois jours après le décès de Clément Méric, agressé par des skinheads dans la capitale, l’enquête se poursuit. Esteban M., principal suspect dans l'enquête sur la mort de Clément Méric, a été placé en détention provisoire, après avoir été mis en examen samedi pour violences volontaire ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner.

En parallèle, plusieurs milliers de personnes ont rendu hommage à Clément "l’antifa" à Paris. BFMTV.com fait le point sur la journée.

> Les coups de poing à l'origine du décès

Les "premières conclusions de l'autopsie" montrent qu'il y a eu une "multiplicité" de coups et que "le décès n'est pas dû à un hématome qui aurait été causé par la chute par terre mais aux traumatismes crano-faciaux occasionnés par les coups de poing portés à la victime".

S'agissant des coups portés sur Clément Meric, "Esteban soutient avoir porté (...) ses coups à mains nues". Un ami de Clément Meric indique toutefois "l'avoir vu avec un poing américain tandis qu'un autre témoin de la scène a évoqué un objet brillant sur les mains".

Deux poings américains ont été saisis lors d'une perquisition chez Esteban, a précisé le procureur.

> Esteban, principal suspect

L'ouverture de cette instruction par le procureur de la République de Paris François Molins a été suivie par l'annonce par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de la décision "d'engager immédiatement" une procédure de dissolution du groupuscule d'extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR).

Selon une source policière, les JNR, composées de 20 à 30 militants, sont présentées comme le service d'ordre du mouvement d'extrême droite radicale Troisième Voie, deux structures dirigées par Serge Ayoub, l'ancien chef des skinheads parisiens. Ce dernier a d'ailleurs été entendu vendredi par les enquêteurs.

Les cinq personnes qui sont présentées samedi à un juge d'instruction ont toutes "reconnu être sympathisantes du mouvement ultranationaliste Troisième Voie", a assuré le procureur de la République de Paris. Seule Katia a "reconnu être adhérente" du mouvement, Esteban, le principal suspect, affirmant lui "n'avoir été encarté que 6 mois".

> Un hommage dans le calme à Paris

A Paris, environ 4.000 personnes, selon la police, ont défilé dans le calme entre Bréguet-Sabin (XIe arrondissement), près de Bastille et la Place Gambetta, au nord-est de la capitale, où le cortège a fini de se disperser vers 17 heures.

Criant des slogans comme, "Clément, Clément, antifa" ou "pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos", les manifestants tenaient à rendre hommage à leur camarade, tué à 18 ans, tout "en continuant son combat".

"Cet assassinat est politique" et "la montée de l'extrême droite actuelle est une réalité, elle n'est pas fantasmée", a déclaré à la presse Olivier, l'un des membres du groupe Action antifasciste Paris-Banlieue auquel appartenait la jeune victime.


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L. B. avec AFP