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Mediator : «Pour moi, Servier est un assassin»

"Je prends des cachets tous les jours jusqu’à la fin de ma vie", témoigne une victime.

"Je prends des cachets tous les jours jusqu’à la fin de ma vie", témoigne une victime. - -

Alors que doit s’ouvrir ce mardi le procès du Mediator, les victimes racontent sur RMC leurs douleurs et ce qu’elles attendent de ce procès. « On ne comprend pas que ces gens-là soient encore libres », affirme l’une d’elles.

Alors que doit s’ouvrir ce mardi le procès du Mediator, les victimes sont dans l’attente. Certaines craignent que, comme le souhaitent les avocats des laboratoires Servier et leur président Jacques Servier, le procès ne soit repoussé car l’instruction n’est pas terminée. Mais pour eux, le temps presse, car Jacques Servier a déjà 91 ans.

« Je ne peux pas travailler, je suis condamnée »

Pour Brami Orly, Jacques Servier est « un assassin ». Elle a dû arrêter de travailler et se retrouve handicapée après avoir pris le Mediator pendant 8 ans « pour perdre du poids ». Partie civile au procès, elle attend que justice lui soit rendue. « Après 2005, j’ai commencé à avoir des problèmes de santé, je n’arrivais pas à respirer, j’étais trop fatiguée, j’avais des vertiges », témoigne la victime sur RMC. « En 2007, j’ai passé trois semaines à l’hôpital, je me suis fait opérer. Ils m’ont changé deux valves pour me tenir le cœur en vie. Je ne peux pas travailler, je suis condamnée, si je me baisse ou je fais un effort, je suis trop fatiguée. Je prends des cachets tous les jours jusqu’à la fin de ma vie ». A 50 ans, Brami Orly espère donc que les laboratoires Servier la dédommageront. « J’attends des dommages et intérêts. Je préfèrerais ma santé à cet argent-là, mais malheureusement, on ne peut pas faire autrement. J’ai encore deux filles avec moi à la maison, je dois les nourrir, les habiller, j’ai besoin de cet argent ».

« On vit notre fin de vie à cause d’eux »

Geneviève Guerault, 58 ans, est elle aussi partie civile au procès. Elle a pris du Mediator pour traiter son diabète pendant sept mois et aujourd'hui, son état de santé ne lui permet pas d'assister au procès. Elle vit avec trois valves cardiaques artificielles et huit médicaments par jour. « Ce serait très important que Servier et les gens qui vont avec soient condamnés. On ne comprend pas qu’ils soient encore libres, qu’ils ne soient pas punis. Ces gens-là ont tué je ne sais pas combien de personnes, à cause d’eux, on vit notre fin de vie. Vous savez que tout ce que vous vivez, c’est peut-être le dernier jour, vous ne verrez pas vos petits-enfants grandir. Vous vous endormez avec les valves du cœur qui font "tac tac tac", et la vie est très dure à supporter ».

Mathias Chaillot avec Amélie Rosique