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"Maintenant mon cheval a peur la nuit, il tourne en rond": des propriétaires d'équidés mutilés démunis face aux attaques

Face à l'augmentation du nombre de chevaux retrouvés morts ou mutilés, les propriétaires font part de leur inquiétude et de leur incompréhension.

Les propriétaires d'équidés retiennent leur souffle, alors que les actes de cruauté sur les chevaux, poneys et ânes se multiplient ces dernières semaines dans plusieurs départements français. Plusieurs cas ont de nouveau été signalés entre mercredi et jeudi dans le Finistère, la Haute-Vienne et l'Ain.

Alors qu'une trentaine d'enquêtes sont en cours dans toute la France, la gendarmerie invite désormais les éleveurs à s'équiper de "caméras de chasse", à rendre visite plus souvent à leurs animaux dans les prés, à enlever leur licol (harnais qui permet d'atrapper l'animal au niveau de la tête) et à signaler tous les faits aux autorités. Selon nos informations, 26 faits avérés ont été recensés depuis le début de l'année avec intervention humaine et 86 faits signalés à la gendarmerie.

Mais Éloïse Lang, la propriétaire d'un cheval récemment retrouvé mutilé dans la commune de Coëron en Loire-Atlantique, explique sur BFMTV que de plus en plus de propriétaires de chevaux, démunis et inquiets pour leurs bêtes, pensent désormais à s'armer.

Accélération du nombre d'attaques

"Beaucoup de gens commencent à vouloir faire justice eux-même parce que ça avance difficilement et de plus en plus de chevaux sont touchés. À force d'avoir peur, malheureusement ..."

Désormais appeurée, la jeune femme dit avoir installé "des cadenas aux barrières", et explique que les propriétaires alentours se sont organisés pour "faire des rondes le plus souvent possible". Dernièrement, son cheval a été victime de coups de cutter au niveau des épaules, au thorax et au flanc, et il avait été victime d'une précédente attaque au niveau de la tête et du postérieur.

"Les blessures d'Ambitieux (nom de son cheval) ne sont heureusement pas trop graves et vont se soigner assez rapidement, mais mentalement c'est plus compliqué car c'est quand même un traumatisme, déjà que c'est un cheval assez stressé", raconte Éloïse Lang sur notre antenne. "Ça va être un long travail (...) car maintenant il a peur la nuit, il tourne beaucoup en rond et fait les 100 pas dans son pré, il est en sueur au moindre bruit".

"On ne peut même pas imaginer que ça puisse arriver"

Au micro de BFMTV, le propriétaire d'un autre cheval retrouvé mutilé dans le Morbihan raconte le traumatisme que cela a représenté pour lui.

"J'étais horrifié, moi j'ai 22 chevaux, je les fais naître, je les dresse, je les mets à disposition de mes élèves pour l'attelage. J'étais choqué, et j'ai même pleuré parce que c'est impossible de voir quelque chose comme ça, on ne peut même pas imaginer que ça puisse arriver".

"Moi avec mes chevaux, c'est un peu facile", reconnaît finalement le propriétaire de l'animal. "Ils sont dressés et ont l'habitude des élèves, des étrangers. Donc si on les aborde gentiement, ils n'ont pas de raison d'avoir peur".

"Pour approcher un cheval, il faut le connaître", tente d'expliquer cet homme, désemparé. "Généralement, les chevaux fuient dès qu'ils voient une lumière ou qu'ils voient quelqu'un qu'ils ne connaissent pas approcher. C'est un réflexe d'autodéfense, ils fuient quand il y a un danger et n'attaquent pas. Alors soit ces gens sont à plusieurs pour les cerner, soit c'est quelqu'un qui connaît exactement le comportement des chevaux", avance ce propriétaire.

Ces mutilations de chevaux survenues dans une vingtaine de départements constituent un défi pour les enquêteurs, ces actes étant le fait de plusieurs auteurs agissant selon différents modes opératoires. Concernant les motivations des auteurs, tout est envisagé: défi lancé sur Internet, dérives sectaires, mimétisme, haine des équidés, ou encore rites sataniques.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV