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Les proches de Fabien Azoulay, un Français incarcéré en Turquie, réclament son transfèrement

Interpellé en 2017 lors d'un séjour en Istanbul où il avait acheté un produit illicite, Fabien Azoulay a été condamné à une peine en appel de seize ans de prison. Sa famille, inquiète de son état de santé, réclame son transfèrement en France.

Il ne devait rester que quelques jours en Turquie, il y est détenu depuis bientôt quatre ans. Fabien Azoulay, un Français âgé de 43 ans, est aujourd'hui incarcéré dans une prison située à 800 kilomètres d'Istanbul.

Condamné à 20 ans de prison en 2018 pour avoir commandé une substance illicite sur le territoire turc, sa peine est réduite à seize ans et huit mois. Mais ses conditions de détention se dégradent et il doit être transféré après avoir été victime d'une tentative de meurtre de la part de son co-détenu qui a depuis été condamné.

Tortures et conversion forcée

"Il a été victime de sévices, de tortures, d'harcèlement moral. Il a exprimé à plusieurs reprises qu'on a essayé de le convertir, qu'on le forçait à prier cinq fois par jour. Il ne sait pas comment réagir, en plus il ne parlait pas la langue. Il a subit des violences parce qu'il est juif, parce qu'il est gay", estime David Benaym, ami de Fabien Azoulay et auteur d'une pétition réclamant son transfèrement en France.

Fabien Azoulay s'était fait livrer à son hôtel du GBL, une drogue de synthèse souvent utilisée comme excitant sexuel et interdite depuis quelques mois seulement dans le pays. Détenu dans une prison au bord de la Mer noire, celle-ci est difficile d'accès pour ses proches qui s'inquiètent pour son état de santé.

"Il est totalement désespéré, il a pensé plusieurs fois à se suicider et que sa vie est tout simplement en danger en prison", confie son avocat Me François Zimeray à BFMTV.

Un appel lancé à Emmanuel Macron

Aucune procédure de transfèrement n'ayant aboutie à ce jour, ils en appellent à Emmanuel Macron, lui demandant de s'impliquer pour que Fabien Azoulay puisse purger sa peine dans une prison française.

"Après le temps de la justice, il y a le temps des médias puisque les voix régulières n'ont pas fonctionné. Aujourd'hui, les communautés française, juive et LGBT sont mobilisées pour faire en sorte que la diplomatie fasse son travail" explique David Benaym.

Le ministère des Affaires étrangères a assuré dimanche soir être "pleinement mobilisé" et en "contact régulier avec les autorités turques pour s'enquérir de l'évolution de sa demande de tranfèrement en France".

Fanny Rocher