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Les principaux condamnés à la perpétuité en France

Condamné à perpétuité en mai 1966, avec une peine de sûreté de 15 ans.

Condamné à perpétuité en mai 1966, avec une peine de sûreté de 15 ans. - -

Francis Heaulme, Guy Georges, Patrice Alègre, Emile Louis... Voici quelques uns des condamnés français à perpétuité. Qu'ont-ils fait ? Et quand ?

En France, le droit pénal prévoit une période de sûreté pour les condamnés à perpétuité les plus dangereux. Afin de garantir l'efficacité de leur incarcération, ils ne peuvent bénéficier pendant cette période d'aucun aménagement de leur peine. En voici quelques uns, dont les périodes de sûreté vont de 15 à 30 ans (le maximum) :

Lucien Léger, le plus ancien détenu de France, incarcéré 41 ans (1964-2005)
Condamné en mai 1966
Par la Cour d'assises de Versailles
A la réclusion criminelle à perpétuité
Avec un temps d’épreuve de 15 ans (le maximum à l’époque)
Pour l'assassinat de Luc Taron, 11 ans, commis le 27 mai 1964 dans l'Essonne
Il échappe à la peine de mort en raison de l’absence de préméditation.

Patrick Henry
Condamné en 1977
Par la Cour d’assises de Troyes
A la réclusion criminelle à perpétuité
Pour avoir enlevé et étranglé un enfant de 7 ans pour une rançon.
Il échappe à la guillotine grâce à la plaidoirie de Robert Badinter.
Détenu modèle, il passe des diplômes et est libéré en mai 2001, suite à sa 8ème demande de libération anticipée. Arrêté en octobre 2002 avec 10 kilos de haschisch en Espagne, il est condamné à 4 ans de prison, et sa liberté conditionnelle est révoquée en mai 2003.

Marcel Barbeault, surnommé le « Tueur de l'ombre »
Condamné en juin 1981
Par la Cour d'assises de l'Oise
A la prison à perpétuité
Il échappe à la peine de mort, encore en vigueur.
Pour les meurtres de 7 femmes et d’un homme, dans les alentours de Nogent-sur-Oise dans les années 1970.

Jean-Thierry Mathurin
Condamné en décembre 1991
Par la Cour d’assises de Paris
A la prison à perpétuité
Assortie d’une peine de sûreté de 18 ans
Reconnu co-auteur de 9 des 21 meurtres de vieilles dames commis à Paris d'octobre 1984 à novembre 1987 avec Thierry Paulin, surnommé "Le tueur de vieilles dames".
Ce dernier n'a pu être jugé, puisqu'il est mort en prison le 16 avril 1989.

Christian Van Geloven, originaire des Pays-Bas
Condamné en 1994
Par la Cour d’Assises de Perpignan
A la réclusion criminelle à perpétuité
Assortie d’une période de sûreté de 30 ans
Pour le meurtre de 2 petites filles dans la région de Perpignan, en France, le 19 octobre 1991.

Jean-Claude Romand
Condamné en juillet 1996
Par la Cour de l’Ain, à Bourg-en-Bresse
A la réclusion criminelle à perpétuité
Avec une période de sureté de 22 ans
Pour avoir tué son épouse, ses 2 enfants, ses parents et son chien le 9 janvier 1993.
Mythomane et assassin, il a fait croire à ses proches pendant près de 18 ans qu'il était un médecin de l’OMS, a extorqué une grosse somme d'argent à ses parents et à sa belle-famille. Quand ses mensonges ont commencé à percer, il a basculé dans la folie meurtrière. Deux films reprennent son histoire : "L'Adversaire", de Nicole Garcia, et "L'Emploi du temps", du récemment "palmé" Laurent Cantet.

Francis Heaulme
Condamné en mai 1997
Par la Cour d'assises du Var
A la réclusion criminelle à perpétuité
Avec 22 ans de période de sûreté
Pour plusieurs meurtres
&
Condamné en décembre 2004
A une peine de 30 ans de réclusion criminelle
Assortie d'une période de sûreté de 20 ans
Pour 3 meurtres commis dans la région de la Marne en 1988 et 1989

Guy Georges, surnommé "le tueur de l'Est parisien"
Condamné en mars 2001
Par la Cour d'assises de Paris
A la prison à perpétuité
Assortie d'une période de sûreté de 22 ans
Pour des viols et assassinats commis entre janvier 1991 et novembre 1997 (20 affaires criminelles dont 7 meurtres).
L'enquête a finalement abouti au principe du fichage ADN en France.

Patrice Alègre
Condamné en février 2002
Par la Cour d’assises de Haute-Garonne
A la réclusion criminelle à perpétuité
Assortie d’une période de sûreté de 22 ans
Il a reconnu 5 meurtres et 6 viols, mais est également mis en examen pour 4 autres meurtres.

Alfredo Stranieri
Condamné en février 2003
Par la Cour d’assises de l’Essonne
A la réclusion criminelle à perpétuité
Assortie d'une peine de sûreté de 22 ans
Pour 4 meurtres et une tentative de meurtre avortée.
Il s'était approprié les biens des deux couples qu'il avait assassinés pour les gérer frauduleusement, et a tenté d'assassiner un homme qui voulait lui vendre une Jaguar.

Nadir Sedrati
Condamné en mai 2003
Par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle
A la réclusion criminelle à perpétuité
Assortie d'une peine de sûreté de 20 ans, portée ensuite à 22 ans
Pour le meurtre en 1999, de 3 des co-détenus qu'il avait côtoyés au centre de détention de Saint-Mihiel. Leurs corps seront retrouvés découpés dans le canal de la Marne au Rhin.

Emile Louis
Condamné en 2004
Par la cour d’assises de l'Yonne, puis celle de Paris (2006)
A la réclusion criminelle à perpétuité
Avec une peine de sûreté de 18 ans
Pour les 7 viols et assassinats de l'affaire des disparues de l’Yonne.

La perpétuité est encourue pour d’autres crimes que le meurtre et est parfois effectivement appliquée :

Kaled Zacharia
Condamné en mars 2008
Par la Cour d’assises du Doubs, à Besançon
A la prison à perpétuité
Avec une sureté de 22 ans
Pour le viol accompagné de tortures, en octobre 2004, d’une femme de 23 ans, devenue paraplégique suite à ce crime.
Il était alors en liberté conditionnelle, condamné pour agressions sexuelles et vols à Mayotte, son île natale.

Juliette VINCENT