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Les gilets jaunes libres appellent à ne pas manifester à Paris samedi, un "traquenard"

Le collectif, lancé en opposition aux initiateurs du mouvement dont il juge la ligne trop radicale, a donné une conférence de presse ce vendredi, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation qui s'annonce très tendue.

"Nous appelons les Français à ne pas manifester à Paris, c'est un traquenard." A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation nationale qui s'annonce très tendue, le collectif des gilets jaunes libres a donné ce vendredi une conférence de presse. Le groupe, représenté notamment par Benjamin Cauchy et Jacline Mouraud, a appelé les manifestants à ne pas se rendre à Paris samedi, où un dispositif sécuritaire exceptionnel est prévu, en raison des risques de violences pris très au sérieux par l'exécutif. 

"Le gouvernement tente de nous faire passer pour des casseurs, ce qui n'est pas le cas. (...) Nous sommes des citoyens engagés et respectueux de la vie humaine et nous avons pas envie d'avoir des morts et des blessés sur la conscience. Peut-être que le président a envie d'en avoir, d'être le général en chef qui viendra sauver la France du chaos", a déclaré Benjamin Cauchy, un des fondateurs de ce collectif lancé en opposition aux initiateurs du mouvement des gilets jaunes dont ils jugent la ligne trop radicale.

"De la contestation sociale à un début d'insurrection"

"Je ne vois pas l'intérêt de venir marcher sur Paris, c'est une pièce de théâtre. Ce n'est pas un jeu, il faut maintenant que tout le monde comprenne, que tout le monde tienne compte de ce qu'on a obtenu et du fait qu'on nous donne le droit de discuter", a ajouté Jacline Mouraud, autre fondatrice du collectif. "On vous donne le droit de discuter, allez-y, ce n'est que le début de ce qu'on peut obtenir. Mais le saccage non!", a-t-elle lancé.

"Nous sommes passés de la contestation sociale à un début d'insurrection, il faut qu'il ouvre les yeux. Ce n'est pas parce qu'il a été élu qu'il est au-dessus du peuple. Il est le représentant du peuple, il faut qu'il entende ses concitoyens et leur colère sourde et forte", a estimé Benjamin Cauchy. "La France des oubliés, c'est la France des territoires et c'est dans les territoires que, de façon pacifiste, les Français manifesteront leur mécontentement", a-t-il affirmé, en appelant "au calme, au respect des biens publics, au respect des forces de l'ordre".

Ces actions en régions seront "des actions pacifiques devant les lieux de représentation du pouvoir, les préfectures, on continuera à faire des barrages filtrants, des péages gratuits, de manière être le plus agréable possible avec les Français et à garder leur sympathie", a-t-il notamment détaillé.

Matignon dénonce des "fake news"

Le collectif dissident a aussi profité de ce moment pour présenter ses revendications. "Nous attendons de la part du gouvernement un électrochoc politique, fiscal et social", a annoncé Benjamin Cauchy, qui a appelé notamment à une "meilleure répartition des richesses" et à l'organisation d'Etats généraux de la fiscalité. Dans le détail, il a cité également une revalorisation des pensions d'invalidité, et une "véritable représentativité des citoyens", par le recours au scrutin à la proportionnelle.

A la suite de cette prise de parole, le cabinet du Premier ministre a dénoncé plusieurs "fake news". "Le gouvernement a mis en place une politique de revalorisation de l'Allocation Adulte Handicapé qui est portée à 900 euros (+90 euros)", fait valoir Matignon, alors que Benjamin Cauchy avait évoqué "l'AAH qui vient de se prendre un coup de bambou". Il a par ailleurs déclaré que l'Etat avait "décidé de fermer 9000 kilomètres de voie ferrée". Faux, répond Matignon, précisant qu'il faisait référence aux petites lignes. "Il n'a jamais été question de les fermer, au contraire puisque le gouvernement met 1.5 milliard pour les entretenir et les rénover", répond Matignon.

Charlie Vandekerkhove