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Le meurtrier d'un policier libéré avant son procès

Un homme condamné il y a quatre ans à une peine de 20 ans de prison pour le meurtre d'un policier vient d'être libéré. Une simple demande de remise en liberté a permis cela, car l'individu avait fait appel de sa condamnation, et attendait depuis son nouveau procès.

Un homme condamné il y a quatre ans à une peine de 20 ans de prison pour le meurtre d'un policier vient d'être libéré de la prison de Réau, en Seine-et-Marne. Le motif? L'intéressé avait fait appel de sa condamnation. Depuis, il attendait. Une attente jugée non raisonnable par la chambre de l'instruction, le condamné étant incarcéré depuis six ans et demi.

Bagarre de rue

L’affaire remonte à février 2009, lorsqu'une bagarre de rue éclate dans le quartier des Quatre routes, à la Courneuve. Cinq hommes prennent alors à partie Aurélien Dancelme, un policier de 33 ans. Il est tué d’une balle dans la tête avec son arme de service.

En 2011, l’un des meurtriers, Rajesvaran Paskaran est condamné à vingt ans de prison et incarcéré au centre pénitentiaire de Réau. Mais depuis mercredi, il est de nouveau libre.

"C'est honteux. Je suis en colère, je suis triste. Qu'est ce que c'est que cette justice? Ils se sont mis à cinq autour de mon fils pour l'assassiner, et maintenant, au bout de cinq ans, il sort?", se désole Anne-Marie Dancelme, la mère du policier tué, contactée par BFMTV. 

Le ministère de la Justice demande un rapport

C'est une simple demande de remise en liberté qui a permis cette libération. Car Rajesvaran Paskaran a fait appel de sa condamnation, et attend depuis son nouveau procès. Ses six ans et demi passés en prison jusqu’ici sont donc considérées comme de la détention provisoire.

"La chambre de l'instruction a dit 'non'. C'est pas possible, six ans et demi de détention provisoire sans connaître l'issue, car tant qu'il n'aura pas été jugé en appel, on ne connaîtra pas l'issue. A un moment donné, il y a des libertés fondamentales", Thierry Benkimon, l'avocat du meurtrier présumé. 

En attendant ce procès en appel, le ministère de la Justice a demandé un rapport sur les raisons de délais aussi longs dans cette affaire.

A.S. avec Rym Bey et Antoine Heulard