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Le député LaREM Thierry Solère placé en garde à vue

Thierry Solère.

Thierry Solère. - MARTIN BUREAU / AFP

L'élu rallié à la majorité est soupçonné de fraude fiscale. Son immunité parlementaire avait été levée il y a quelques jours.

D'après une source proche de l'enquête, confirmant une information du Monde, le député La République en marche Thierry Solère a été placé en garde à vue ce mardi à la police judiciaire de Nanterre. L'élu venu de LR et rallié à la majorité est soupçonné de fraude fiscale. Mercredi, son immunité parlementaire avait été levée.

Le député des Hauts-de-Seine fait l'objet depuis 2016 d'investigations menées par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, après une plainte déposée par Bercy pour fraude fiscale après la publication d'informations par Mediapart.

Jean-Jacques Urvoas mis en examen

L'enquête avait par la suite été élargie aux chefs de "trafic d'influence, corruption, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales et manquement aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)".

Cette affaire aux multiples facettes a eu en juin un effet collatéral de taille: soupçonné d'avoir transmis à Thierry Solère des éléments sur l'enquête le concernant, l'ex-garde des Sceaux socialiste Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen par la Cour de justice de la République pour "violation du secret professionnel". Des soupçons qu'il a contestés "avec détermination".

Des faits qui datent de 2010 à 2013

Les faits dont est soupçonné Thierry Solère remontent à 2010-2013, alors qu'il était conseiller régional LR d'Ile-de-France et lieutenant de Bruno Le Maire. L'élu travaillait en parallèle comme conseiller stratégique dans le privé, notamment chez Chimirec, une entreprise spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets industriels. Un poste qui lui rapportait "12.000 euros par mois", avait souligné le site Mediapart en septembre 2016.

A l'été 2017, Le Canard enchaîné avait indiqué que Thierry Solère avait "omis de régler une partie de ses impôts sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière année". Un "oubli" qui lui avait valu "une saisie-arrêt sur salaire", selon l'hebdomadaire.

L'élu, qui présidait la commission d'organisation de la primaire à droite en vue de la présidentielle, avait expliqué avoir "fait l'objet d'un contrôle classique", après son élection comme député en 2012", mais n'avoir "commis aucun délit fiscal", ajoutant que la HATVP lui avait "donné quitus de (sa) déclaration en date du 2 juin 2015".

C.V. avec Mélanie Vecchio et AFP