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L'IGPN saisie dans l'affaire des lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie

148 interpellés à Mantes-la-Jolie -

148 interpellés à Mantes-la-Jolie - - Céline AGNIEL / AFP

Une plainte pour violences policières avait été déposée à Versailles par le syndicat lycéen UNL après l'arrestation de 151 adolescents près d'un lycée de Mantes-la-Jolie.

Une enquête préliminaire, confiée à l'IGPN, a été ouverte par le parquet de Nanterre dans l'affaire des interpellations de lycéens mis à genoux par la police à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines en décembre, a-t-on appris ce vendredi auprès du parquet de Nanterre.

La "police des polices" a été saisie de l'affaire mardi, a précisé la procureure de la République de Nanterre Catherine Denis. Une plainte pour violences policières avait été déposée à Versailles par le syndicat lycéen UNL après l'arrestation de 151 adolescents près d'un lycée de Mantes-la-Jolie mais l'affaire a été dépaysée à Nanterre début février.

Un juge d'instruction indépendant saisi

Arié Alimi, avocat de familles plaignantes et de l'UNL, s'est dit "dramatiquement effaré qu'il n'y ait pas eu d'enquête judiciaire ouverte depuis deux mois, ce qui démontre le mépris patent du parquet envers les mineurs victimes, ainsi qu'à l'égard des associations qui se sont constituées parties civiles". "Compte tenu de la reprise en main globale du parquet par l'exécutif, nous allons saisir un juge d'instruction indépendant" début mars, a-t-il prévenu.

C'est en marge d'une mobilisation nationale des lycéens le 6 décembre que 151 jeunes âgés de 12 à 21 ans avaient été interpellés près du lycée Saint-Exupéry après des incidents. La vidéo de leur arrestation, genoux au sol et mains sur la tête, avait provoqué un tollé. A l'issue de leur garde à vue, la plupart d'entre eux avaient écopé de simples rappels à la loi.

Une vingtaine de plaintes déposées par les familles des jeunes

Au moins une vingtaine de plaintes pour "actes de torture et de barbarie" et "diffusion illégale" de vidéo de personnes entravées ont été déposées par les familles des jeunes interpellés et d'autres devaient l'être encore, selon Maître Alimi.

L'association SOS Racisme, le syndicat Sud Éducation et la fédération de parents d'élèves FCPE devaient également se constituer parties civiles, selon lui. Tout en défendant la régularité des interpellations, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait annoncé peu après les faits qu'une "procédure" serait lancée pour évaluer l'action des forces de l'ordre et identifier l'auteur de la vidéo controversée. Une enquête administrative est parallèlement en cours.

Le Défenseur des droits a également annoncé l'ouverture d'une enquête le 7 décembre sur les conditions de ces interpellations.

Cyrielle Cabot avec AFP