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Jusqu'à 14 ans de prison pour avoir torturé deux hommes qui avaient volé du cannabis

Six personnes soupçonnées d'avoir incendié un abattoir devant la justice

Six personnes soupçonnées d'avoir incendié un abattoir devant la justice - AFP

Trois autres personnes ont été acquittées.

Deux hommes ont été condamnés à des peines de 7 et 14 ans de prison ce vendredi, jugés coupables d'avoir torturé pendant 36h deux hommes qui auraient volé une cargaison de cannabis. 

Mardi, l'avocate générale avait requis huit à 18 ans de prison pour cinq accusés qui comparaissaient détenus, suspectés d'avoir participé à l'enlèvement et la séquestration de René et Maxime (prénoms d'emprunt) dans le cadre d'un trafic de cannabis à l'automne 2014 en Seine-Saint-Denis. Seuls deux d'entre eux, âgés de 35 ans et 31 ans, ont reconnu leur implication. La cour d'assises les a condamnés jeudi soir à sept et 14 ans de prison. Les trois autres ont été acquittés. 

36 heures de torture

L'avocate générale avait estimé que ces hommes faisaient régner "la loi du silence" sur les témoins et Maxime, qui n'a jamais porté plainte ni désigné ses tortionnaires. Une femme de 35 ans, qui soutenait que son appartement avait servi à la séquestration à son insu, a également été acquittée.

Pluie de coups, brûlures, supplice de la noyade: pendant 36 heures, du lundi soir au mercredi matin, tout avait été tenté pour faire parler René et Maxime, 49 et 45 ans. Les commanditaires d'une remontée de quelque 80 kg d'herbe de cannabis depuis l'Espagne n'ont jamais cru la version de leur convoyeur, René, qui soutenait avoir été braqué. En jeu: un investissement de 300.000 euros, pour le double attendu à la revente.

La victime avait fui la région parisienne

Choisi pour son profil de père de famille peu susceptible d'attirer l'attention des forces de l'ordre à bord d'un camping-car de location, René s'était rendu chez Maxime après le braquage. Ce dernier le fournissait en drogues et l'avait présenté à l'un des commanditaires. Tous deux suspectés du vol, ils avaient été enlevés et torturés ensemble. Libéré contre la promesse d'hypothéquer son pavillon, René s'était rendu à la police trois mois et demi plus tard. Il a fui la région parisienne et renoncé à voir ses enfants de peur des représailles. 

Sa dénonciation a déclenché une enquête qui a fait tomber le réseau d'importation de cannabis. Les commanditaires ont déjà été condamnés par le tribunal correctionnel de Bobigny en mars 2018 à des peines de quatre à sept ans de prison ferme. René avait été déclaré coupable pour son rôle de chauffeur mais le tribunal l'avait dispensé de peine. Aux assises, Maxime était à la fois partie civile et accusé. Lui et un ami étaient jugés pour avoir commis des violences sur René, toujours pour obtenir des explications sur la disparition de cannabis. Ils ont été dispensés de peine.

Cyrielle Cabot avec AFP