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“Ils m'ont roué de coups de pied”: victime d’une agression homophobe à Paris, un couple témoigne sur BFMTV

David et Ollivier ont été roués de coup et insultés en bas de chez eux. En plus de la douleur physique, ils subissent la violence psychologique d’avoir été agressés en raison de leur orientation sexuelle.

Nez fracturé, arcade sourcilière ouverte, des “bosses partout”... David et son compagnon Ollivier ont été violemment agressés le 21 juillet, en bas de chez eux, dans le 11ème arrondissement de Paris. Sur fond d’homophobie, plusieurs hommes s’en sont pris à eux et les ont roués de coups. Une semaine plus tard, les stigmates commencent à disparaître, mais la douleur psychologique reste vive.

"Si tu approches, je te tue"

David et Ollivier ont été pris pour cible alors qu’ils sortaient de chez eux pour acheter des cigarettes.

“Retourne-toi! Détourne le regard sale pédé”, leur a alors lancé un homme, une bouteille en verre à la main. Le couple a d’abord tenté de l’ignorer mais leur interlocuteur est rapidement devenu violent. “Je me suis pris la bouteille sur la tronche, puis trois jeunes sont arrivés”, raconte Ollivier à BFMTV.

Son compagnon a voulu intervenir mais il a “à peine eu le temps de (s)’approcher qu’(il) a vu un énorme coup de poing (lui) arriver sur la figure, d’une violence extrême”.

“Je suis tombé à l’arrière et trois personnes m’ont roué de coups de pied, à terre. J’avais le nez ensanglanté, je sentais qu’il y avait du sang qui coulait sur mon visage. J’ai perdu mes affaires: un casquette, mes cigarettes, le porte-monnaie. J’ai voulu m’approcher pour les récupérer et il m’a pointé du doigt en disant: ‘Sale pédé, si tu approches je te tue’”, dépeint David.

"Mal aux côtes, à l'épaule, hanche un peu déboîtée"

Il énumère avec gravité toutes les blessures engendrées par ce déchainement de violence: “J’ai eu des coups sur tout le corps, je pense que c’est l’énorme coup de poing qui a engendré ma fracture du nez, j’ai encore très mal. J’ai eu l’arcade ouverte. Là, j’ai encore très mal aux côtes, d’ailleurs je dois aller passer une radio. J’ai aussi mal à l’épaule et la hanche un peu déboîtée”. Son compagnon a quant à lui été frappé dans le dos, au cou…

Le lendemain de l’agression, il a également ressenti des vertiges liés au choc: “Quand je marchais, je me déportais à droite à gauche.”

Une épreuve rendue encore plus difficile par le processus pour porter plainte. David et Ollivier ont dû s’y reprendre à trois fois avant d’être entendus. Les deux premières fois, la police leur a suggéré de revenir plus tard à cause de l’affluence dans le commissariat. Ils ont finalement réussi à porter plainte ce mercredi, soit six jours après leur agression.

Les agressions homophobes en augmentation

Les témoignages de victimes d'actes anti-LGBT ont augmenté de 26% en France en 2019, une augmentation continue et "alarmante" depuis quatre ans, dénonce SOS Homophobie dans son rapport annuel dévoilé lundi.

L'an dernier, l'association a recueilli 2396 témoignages de personnes LGBT (lesbiennes, gays, bies, trans), soit le deuxième total le plus élevé depuis la création du rapport après 2013, année marquée par les manifestations contre le mariage pour tous (3.517 témoignages). Ces chiffres confirment ceux publiés par le ministère de l'Intérieur qui a recensé 1870 victimes d'infractions à caractère homophobe ou transphobe en 2019, en hausse de 36% par rapport à 2018.

Ambre Lepoivre avec AFP Journaliste BFMTV